Greffes d’organes : toutes les régions ne se valent pas

Inscrits sur un même fichier, les malades qui attendent un greffon, en France, n'ont pas la même probabilité d'en recevoir. L'Agence de la biomédecine pointe les inégalités régionales en la matière dans son bilan de l'année 2015.

Dispositif national mais disparités locales. Le pourcentage de chances de trouver une greffe à Paris diffère de celui de Limoges. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Ile-de-France n’est pas la région où la probabilité d’obtenir un greffon est la plus élevée. Les exemples du coeur, des poumons et du foie, en France métropolitaine, sont éloquents.

L’Agence de la biomédecine — l’établissement public en charge notamment de la gestion de la liste nationale des malades en attente de greffe — a publié un rapport revenant sur la période 2010–2015. Chaque région a ses particularités. Un an d’attente et seulement 46% des malades ont reçu une greffe du coeur en région Provence‐Alpes‐Côte d’Azur, entre 2010 et 2015. D’un autre côté, 81% des patients ont été greffés dans le Limousin.

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Ces chiffres varient en fonction de l’importance de la liste d’attente, du niveau des prélèvements d’organes ou encore des règles de répartition des greffons. Celles‐ci favorisent les malades en situation d’urgence vitale, au détriment de l’ordre pré‐établi du fichier national.

Une proportion plus élevée de malades ont accès à des greffes pulmonaires. Mais les disparités entre les régions persistent. Quand en Corse, au bout d’un an, tous les demandeurs de greffe l’ont obtenue, seuls 64% des patients ont été greffés en Auvergne.

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Rebelote pour le foie. Entre 2010 et 2015, les chances d’avoir une greffe ne sont pas uniforme sur le territoire. La part de malades qui obtiennent une greffe renseigne également sur le temps d’attente. En région parisienne, 58% des personnes en attente d’un foie ont été greffées sous douze mois. 42% de ces patients ont donc du, dans le meilleur des cas, attendre plus d’un an pour en bénéficier.

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Et le nombre de greffes ne cesse de croître. 5746 en 2015, soit 35,2% de plus que dix ans auparavant. Pas de quoi pour autant augmenter la part de bénéficiaires. Les personnes en attente de recevoir un organe sont de plus en plus nombreuses. L’an dernier, elles étaient 22 000.