Les nouveaux milliards de Trump

Le "magnat de l'immobilier" Donald Trump, le "milliardaire" Donald Trump, le "populiste" Donald Trump, va enfin s'affranchir de ces multiples qualitatifs dont sont friands les médias, en devenant ce 20 janvier 2016, le Président Donald Trump. Mais cela a un coût, et celui qui gère depuis des années quelques milliards de dollars de fortune personnelle, va hériter de nombreux autres milliards, de nature et de quantité très différentes.

Inventaire des principaux chiffres à neuf zéros - et plus - qui vont compter pendant son mandat.

16 000 000 000 000 $

C’est le montant de l’augmentation de la dette que pourrait engendrer la politique économique de Donald Trump

Sous la présidence Obama, la dette publique du gouvernement américain s’est considérablement creusée. Elle a doublé, passant de dix billions, (ou trillon en anglais, T), c’est-à-dire dix mille milliards, à près de vingt billions. Après avoir fait exploser son déficit budgétaire en 2009, Barack Obama est toutefois parvenu à le faire diminuer d’année en année.

Mais Donald Trump n’a pas pour ambition de prolonger cette politique de réduction, ou même de contrôle, du déficit. Il en a fait un argument de campagne, et il l’a confirmé durant son discours de victoire après les élections. En plus de réductions d’impôts considérables, il a promis un plan d’investissement colossal dans les infrastructures publiques, sorte de New Deal 2.0. Et il est estimé à rien de moins que mille milliards de dollars.
Selon la Comission pour un budget fédéral responsable, un think-tank indépendant, cette politique économique plongerait la dette dans des abysses encore jamais sondées. Elle s’alourdirait de seize billions dans les vingt prochaines années.


10 000 000 000 barils

la quantité exploitable de pétrole de schiste présent dans les sous-sols américains

De nombreux pays, en 2015 et 2016, ont fait les frais de leur dépendance économique et industrielle au pétrole. La crise qui a ébranlé le secteur a frappé de plein fouet les Etats-Unis. Suppressions d’emploi, faillite d’exploitants, fermeture de puits, le pays n’est sorti de cette situation dantesque qu’avec l’accord — tardif — des pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) trouvé en novembre 2016 pour limiter leur production.

Donald Trump peut donc se réjouir, il arrive au bon moment pour profiter de l’amélioration de ce contexte. Grâce à l’accord de l’OPEP, les prix de l’or noir sont repartis à la hausse. De plus en plus de producteurs américains retrouvent leur rentabilité. C’est notamment le cas des exploitants de pétrole de schiste, à l’extraction très couteuse. Cet hydrocarbure représente environ 30% des réserves américaines.
Mais le schiste est collecté par fracturation hydraulique, un procédé visé par de nombreuses critiques. En plus de polluer les nappes phréatiques, il est jugé responsable de l’augmentation des risques de séisme. Par ailleurs, cette augmentation annoncée de la production de pétrole est à mettre en perspective avec l’évolution du marché de l’automobile. D’ici à 2030, la planète comptera près d’un milliard de véhicules supplémentaires. Entre bénéfice économique et responsabilité environnementale, que choisira Donald Trump ? Difficile à dire …


1 000 000 000 kg/an

la quantité de CO2 que les Etats-Unis devront émettre en moins en 2025 pour respecter l’accorder de Paris

Barack Obama s’est posé en président de la transition énergétique. Mise en place de sources propres d’électricité, régulation des émissions de gaz à effets de serre, rejet du projet d’oléoduc Keystone, COP 21, etc. Son “bilan vert” se solde par une réduction de 12% des émissions de CO2.

De son côté, Donald Trump inquiète les défenseurs du climat, déclarant à l’envie qu’il reviendrait sur l’accord de Paris dés son accession au pouvoir, mais aussi qu’il couperait les subventions des Etats-Unis pour les programmes de lutte contre le réchauffement climatique des Nations Unies. Tout en mettant de l’eau dans son vin depuis son élection, il a tout de même nommé à des postes importants des personnages tout aussi climato-sceptiques que lui.

Sortir de l’accord de Paris, ce serait pour les Etats-Unis quatre ans de procédures juridiques et galères diplomatiques.
Le respecter, c’est notamment diminuer de 26 à 28% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025 par rapport au niveau de 2005. Il faudrait donc que les émissions américaines tombent à quatre milliards de kilogrammes de CO2.
Donald Trump aura à choisir entre ces deux contraintes.


8 000 000 000 $

la différence entre la première et la dernière estimation de Donald Trump du coût d’un mur à la frontière mexicaine

Le candidat cède la place au président. Le second va donc bien être obligé de faire quelque chose des promesses provocatrices du premier. Donald Trump s’est démarquée durant sa campagne par des propositions souvent qualifiées d’irréalistes, en particulier sur le thème préféré des populistes, l’immigration.
La plus emblématique de ses idées, quoique très évasive, c’est la construction d’un mur à la frontière mexicaine, pour renforcer la barrière existante. De conférences de presse en déclarations twitter, il en a largement fait évoluer les dimensions ainsi que le coût.

Crédit France Info

Quant à la manière de payer cette fortification, le flou règne également. Le magnat du bâtiment a de nombreuses fois manifesté sa volonté d’imposer à Mexico le financement. Ce à quoi le gouvernement mexicain a toujours poliment répondu qu’il se mettait le doigt dans l’oeil.


104 000 000 000 $

le montant des exportations américaines à destination de la Chine

Donald Jr. Trump n’a pas attendu d’être élu pour faire dans les relations diplomatiques. Mais le choix de ses amis et de ses ennemis, confronté aux intérêts économiques de son pays, peut surprendre.

Tout le long de sa campagne, le nouveau président s’est en effet montré admiratif de Vladimir Poutine et de sa Russie. Souvent présenté comme le candidat favori du maître du Kremlin, il semble vouloir participer à un réchauffement des relations diplomatiques russo-américaines.

En parallèle, Trump joue un jeu qualifié de dangereux par de nombreux observateurs avec la Chine. Il tend à faire de son voisin outre-pacifique le responsable de tous les maux des Etats-Unis.
Il s’est également illustré en menaçant de ne plus reconnaître “la Chine unique” après un échange téléphonique avec la présidente taïwanaise.


Arthur Carpentier