Mauresmo tout en haut

Qui est le joueur de tennis français le plus titré de tous les temps ? Dans l’absolu, une femme : Amélie Mauresmo. Mais tous les trophées ne se valent pas. Avec forcément un brin de parti pris et un zeste de mauvaise foi, cet article remonte le temps pour établir un classement des meilleurs Français à avoir fréquenté les courts.

Pour comprendre ce classement, en voici le mode d’emploi. A l’exception de Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, uniquement les vainqueurs de Grand Chelem ont été pris en compte. C’est là qu’intervient la subjectivité. Dans l’ère Open, seul Yannick Noah a gagné plus qu’eux. Et eux seuls semblent avoir les capacités pour succéder à Noah au palmarès d’un Grand Chelem. Quid de Gaël Monfils ? Avec ses six titres, le Parisien ne pèse pas bien lourd dans le classement. Autre élément à prendre en compte, Roland-Garros n’a été comptabilisé qu’à partir de l’année 1925, où il a perdu son appellation “Championnats de France”, pour devenir les “Internationaux de France”.

 

Avant l’ère Open
Avant l’ère Open, Françoise Dürr domine le classement chez les dames. Juchée sur ses seize titres, la native d’Alger domine la légende Suzanne Lenglen. Mais celle qui a donné son nom au deuxième court de Roland-Garros doit sa notoriété aux tournois du Grand Chelem. Avec huit victoires dans les tournois majeurs, elle reste la référence pour les Tricolores.

Chez les hommes, deux des fameux Quatre Mousquetaires se disputent le leadership, avec sept titres du Grand Chelem chacun. Henri Cochet fait la différence sur René Lacoste à la faveur de ses six victoires en Coupe Davis, contre deux au Crocodile.

L’ère Open

 

A partir de 1968, une nouvelle période s’ouvre : l’ère Open. Les tournois du Grand Chelem deviennent ouverts aux joueurs professionnels. Depuis cette date, les victoires tricolores se font plus rares. Mais entre la fin des années 90 et les années 2000, Mary Pierce et Amélie Mauresmo ramènent les Françaises vers les sommets. Mauresmo empile au passage trente-deux trophées sur sa cheminée.

Pour les messieurs, l’ère Open ressemble à une petite traversée du désert. Yannick Noah est toujours le seul Bleu à avoir inscrit son nom au palmarès d’un tournoi majeur. C’était en 1983, sur la terre battue parisienne. A trente ans, Tsonga, Gasquet, voire Monfils, n’ont plus beaucoup de temps pour lui succéder.

Mais alors, qui gagne ?

 

C’est là qu’intervient le parti pris. Un titre avant 1968 n’a pas la même valeur qu’un trophée acquis dans l’ère Open. Une Coupe Davis ou une Fed Cup reposent également sur la valeur de ses équipiers et non sur un potentiel individuel, et ne doivent donc pas compter autant qu’un Grand Chelem. Un Masters 1000, un titre olympique ou un Tiers I pèsent davantage qu’un ATP250 ou un Tiers IV.

 

Pour marquer ces différences, tous les titres ont été coefficientés. Avant l’ère Open, un Grand Chelem rapporte trois points, une Fed Cup, une Coupe Davis ou un titre olympique valent deux points et tout autre titre un seul petit point. A partir de 1968, un Grand Chelem équivaut à quatre points, une Fed Cup ou une Coupe Davis pèsent trois points, deux points pour un Masters 1000 ou un Tiers I, tout autre trophée rapportant un point.

 

Avec son palmarès long comme le bras, Amélie Mauresmo trône tout en haut du classement. La Francilienne se dégage de la meute avec ses quarante six points. Elle devance la native de Montréal Mary Pierce et ses quarante points. Le premier joueur d’avant l’ère Open n’est autre que Henri Cochet, qui dépasse notamment Yannick Noah, à la faveur de ses succès en Grand Chelem et Coupe Davis.

Pour entrer dans la légende du tennis français, Tsonga et Gasquet vont devoir prendre le temps à revers.