OpenStreetMap, cartographier en toute liberté

Géolocalisation, repères, points d’intérêts… Ça vous évoque quelque chose ? Non, on ne parlera pas de Pokémon Go, mais d’OpenStreetMap, un logiciel libre de cartographie. Le mot cartographie déterre sûrement chez vous le souvenir d’un obscur cours de géographie ou d’une bataille perdue contre votre GPS défaillant. Mais alors qui sont ces Français adeptes de cartographie ? Allons faire un tour au pays d’OpenStreetMap.

OpenStreetMap, c’est d’abord l’opposé de Google Map. Une carte du monde certes, mais ouverte et disponible à tous les internautes. C’est ce qu’on appelle « l’open source » : n’importe quel utilisateur d’OpenStreetMap peut modifier la carte, ajouter des points d’intérêts, mais aussi récupérer la carte pour son utilisation personnelle.

Il suffit de s’inscrire pour profiter des milliards de données déjà collectées par les autres utilisateurs. Nous sommes alors invités à ajouter nous‐même des données sur la carte, où nous voulons, et celles que nous voulons. Si l’envie nous prend de géolocaliser toutes les poubelles vertes de la rue d’en face, grand bien nous fasse : nous voici devenus contributeurs d’OpenStreetMap.

Ce logiciel fonctionne uniquement grâce à ses contributeurs, dont certains vont bien plus loin que nos poubelles vertes. A Ouagadougou au Burkina Faso, comme à Managua au Nicaragua, la communauté OMS (OpenStreetMap) a réalisé elle‐même la cartographie du réseau de transport, inexistante auparavant. En 2010, juste après le séisme d’Haïti, des contributeurs ont aidé les organismes humanitaires en cartographiant les camps de réfugiés, les routes praticables et les bâtiments effondrés.

Cette communauté de contributeurs s’organise sur Internet, mais se rencontre également tous les ans lors des conférences « State of the Map ». En 2013, la barre du million de participants à cette rencontre mondiale a été dépassée.

Nous aussi, nous avons en France notre petite communauté de contributeurs OMS. Ils se réuniront cette année pour un « State of the Map of France » à Avignon du 4 au 7 juin. La communauté française est bien plus modeste. En 2016, le CNRS a enquêté sur ces cartographes amateurs, et a recueilli 299 témoignages. Assez pour tenter de cerner qui sont ces « OMS contributeurs » français.

 

Source: Projet de recherche ECCE Carto, CNRS

Les utilisations d’OpenStreetMap en France

 

 

 

 

On constate qu’OpenStreetMap est surtout utilisé en France pour le loisir ou le sport, en fonction des goûts personnels des contributeurs. Les potentialités offertes par le logiciel restent donc sous‐utilisées. L’administration française commence timidement à partager ses données cartographiques sur OpenStreetMap, comme le cadastre ou les données forestières.

Pourtant ce logiciel offre de nombreuses opportunités aux groupes français qui veulent bien s’y intéresser. La ville de Metz l’a bien compris et a produit une carte presque exhaustive de la collectivité à destination des habitants et des touristes. De quoi, peut‐être, inspirer d’autres administrations.