Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se qualifient pour le second tour de l'élection présidentielle, qui se tiendra le 7 mai. La configuration est inédite : dans l'histoire de la Ve République, jamais la droite et la gauche n'ont été éliminés dès le premier tour du scrutin.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affronteront le 7 mai pour le second tour de l’élection présidentielle. Voici ce qu’il faut retenir à l’issue de ce premier tour historique :

  • Le Front national qualifié. Comme il y a quinze ans, le Front national accède au second tour de l’élection présidentielle française. Alors que son père Jean-Marie avait réalisé un score de 16,6% en 2002, Marine Le Pen obtient 21,43% des voix, selon les chiffres de 0h30 communiqués par le ministère de l’Intérieur. Elle affrontera le 7 mai l’ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron (En Marche), qui obtient 23,86% des suffrages exprimés, et qui se place en tête, comme l’indiquaient les derniers sondages avant le premier tour. C’est un tour de force pour un homme quasi inconnu du grand public il y a deux ans et demi. Du jamais-vu sous la Ve République.
Emmanuel Macron veut “rassembler tous les Français” lors du second tour (© Alice Froussard)
  • La droite privée de second tour. Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, ni la droite, ni la gauche ne se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle. François Fillon (Les Républicains) totalise 19,94 des voix. Cela le place au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon, qui se retrouve dans le quatuor de tête avec 19,62% des suffrages exprimés. Le candidat de La France insoumise a cependant annoncé vers 22 heures qu’il refusait sa défaite dans l’immédiat, préférant attendre la confirmation définitive des chiffres.
Une affiche de Fillon vandalisée devant la mairie du 11e (© Pauline Jallon)
  • Défaite historique pour le PS. Les estimations ont été confirmées : le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, arrive loin derrière. Il n’obtiendrait que 6,35% des suffrages à l’issue de ce premier tour, là où François Hollande avait atteint 28,63% en 2012. Le score très faible du socialiste rappelle celui réalisé en 1969 par un autre homme de gauche : Gaston Defferre, candidat SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) qui n’avait totalisé que 5,01% des voix. Benoît Hamon s’est exprimé immédiatement après l’annonce des résultats, parlant d’une “sanction historique” pour le PS. C’est la troisième fois que la gauche est absente d’un second tour depuis l’instauration de la Ve République.
Les militants PS après l’annonce des résultats (© Justine Frayssinet)
  • Un taux d’abstention plus élevé qu’en 2012. Ce scrutin de premier tour est marqué par un taux d’abstention de 21,77%. C’est davantage que lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, où l’abstention n’avait été que de 16,2%.
  • Le PS et Les Républicains appellent à voter Macron. Benoît Hamon appelle à battre “le plus fortement possible” le FN en votant Emmanuel Macron. François Fillon a également annoncé qu’il voterait pour le candidat d’En Marche, sans pour autant donner de consigne de vote. Les soutiens du candidat LR Christian Estrosi, Laurent Wauquiez et Alain Juppé ont appelé à voter pour Emmanuel Macron, de même que les soutiens de Benoît Hamon Bernard Cazeneuve et Anne Hidalgo.• NDA, premier des “petits candidats”. Nicolas Dupont-Aignan (4,73%) termine en tête parmi les candidats les moins en vue, à quelques milliers de voix des remboursement des frais de campagne. Il devance Jean Lassalle (1,21%), Philippe Poutou (1,10%), François Asselineau (0,92%), Nathalie Arthaud (0,65%) et Jacques Cheminade (0,18%).