Les républicains et les socialistes appellent à voter Macron, malgré les regrets

Malgré leur défaite, quasiment tous les leaders des partis historiques de droite et de gauche appellent à se rassembler autour d’Emmanuel Macron pour empêcher la victoire du Front national. 

Grande déception”, “échec”, “meurtrissure”... Les représentants politiques à droite comme à gauche ont pris acte du rejet des partis traditionnels et appellent pour la plupart à faire barrage au Front national, malgré le choc qu’a constitué les scores de François Fillon et Benoît Hamon. Les soutiens d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen, arrivés en tête, se réjouissent. Voici un récapitulatif des principales réactions politiques, au soir du premier tour.

  • A droite, les réactions sont amères. La plupart des leaders politiques ont reconnu une défaite jugée partiellement “injuste”, tout en appelant à soutenir Emmanuel Macron. Bruno Retailleau, président du conseil régional du Pays de Loire a exprimé son “immense déception” dans une élection qui devait être imperdable : “Cette campagne a trop souvent tourné au procès. Il a été impossible d’aborder le bilan (de François Hollande).” Jean-Pierre Raffarin a lui aussi évoqué une “grande déception”, avant de déplorer la présence de Marine Le Pen au second tour. L’ancien Premier ministre a appelé à voter pour Emmanuel Macron : “Je parle de manière désintéressée. Ce que je crois c’est qu’on a un premier travail : empêcher le FN de diriger ce pays. Au-delà de tous les clivages, nous devons nous rassembler pour éviter la violence.” Alain Juppé, candidat malheureux de la primaire, a quant à lui appelé à voter Emmanuel Macron. Seul Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, n’a pas suivi la tendance : “je ne crois pas aux consignes de vote”, a‑t-il déclaré sur le plateau de France 2 en refusant d’adouber le candidat d’En marche ! : “Ce ne sont pas les mêmes convictions, les mêmes propositions”.

  • Les membres du gouvernement ont reconnu la défaite — annoncée — du Parti socialiste et se sont immédiatement prononcés en faveur de l’ancien ministre de l’Economie qui avait quitté le gouvernement en août 2016 pour lancer sa campagne. “J’appelle solennellement à voter pour Emmanuel Macron au second tour pour battre le FN, pour faire obstacle à  son projet funeste de régression de la France et de division des Français”, a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, ont également appelé à voter pour Emmanuel Macron.

 

  • Chez les soutiens de Benoît Hamon, on appelle globalement à voter Macron, avec résignation : “Je voterai sans hésiter pour Emmanuel Macron mais il n’incarne en rien la rupture nécessaire et la transition écologiquea tweeté l’ex-candidat des Verts Yannick Jadot, qui s’était retiré au profit de Benoît Hamon. Le candidat socialiste a subi un échec cuisant, rassemblant un peu plus de 6% des voix selon les estimations actuelles. Aurélie Filippetti, sa porte-parole, a exprimé sa déception : “Je suis déçue car il a mené une campagne très digne. Il a montré beaucoup d’humanité. Les idées nouvelles qu’il a portées, on en aura besoin demain. La gauche est éliminée du second tour de l’élection, c’est inquiétant. Emmanuel Macron ne représente pas la gauche”.

  • Déception pour la France Insoumise, mais les soutiens de Jean-Luc Mélenchon refusent pour le moment de s’exprimer clairement avant de connaître les résultats définitifs. Juste après l’annonce des résultats, Alexis Corbière, porte-parole du candidat, s’est montré dubitatif : “C’est serré, les bureaux de vote ont fermé à 20 h, ça peut se resserrer (…). Il y a une force politique nouvelle qui s’est élevée. Je serais déçu de ne pas être au second tour.”

Il y a un second tour dans lequel je ne me reconnais pas comme des millions de gens. Nous allons battre Marine Le Pen, appeler à la battre, il n’y a qu’un seul bulletin à utiliser pour le faire, c’est évident, mais ce n’est pas une adhésion au programme d’Emmanuel Macron, que nous serons amenés à combattre.”

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

Chez les finalistes, on exulte de cette victoire des partis “anti-systèmes”.

  • Du côté du Front national, Marion Maréchal-Le Pen a parlé sur le plateau de TF1 d’une “victoire historique pour les nationalistes et les souverainistes.” Louis Aliot a pointé la défaite des partis de gouvernement : “Ce que je remarque, c’est que les deux partis qui dirigent la France depuis quarante ans sont en train de disparaître sous nos yeux. Ce qui montre bien que le pays est en ébullition. Maintenant, nous allons pouvoir parler de projet à projet.” Florian Philippot a lui tendu la mains aux électeurs de François Fillon pour le second tour : “Je lance un appel à tous les électeurs, et y compris bien sûr les électeurs qui ont fait le choix de M. Fillon, et qui ont pu avoir le sentiment qu’au premier tour on leur a un peu volé leur élection.”

  • Sur les plateaux télévisés, dès l’annonce des résultats, les soutiens du candidat d’En marche ! ont manifesté leur euphorie. Alors que les militants explosaient de joie au QG de campagne, Gérard Collomb, maire (PS) de Lyon, a déclaré sur France 2 : “nous changeons sans doute d’époque, j’ai toujours pensé que la voie du succès était dans le rassemblement”. François Bayrou, président du Modem, a lui aussi exprimé sa satisfaction : “Il y a dans ce score la manifestation d’un espoir pour les Français et la nécessité du rassemblement, qui va être la clé du deuxième tour.