Auprès des militants de Benoît Hamon : “6%, c’est sévère…”

Benoît Hamon, le candidat du Parti Socialiste, est arrivé en cinquième position du premier tour de l’élection présidentielle, ce dimanche, avec 6,2% des voix. Les militants présents à la Maison de la Mutualité digèrent mal la défaite.

Un parfum d’amertume flotte dans les rangs clairsemés des soutiens de Benoît Hamon. Rassemblés dès 18h30 ce dimanche soir à la Maison de la Mutualité, dans le 5ème arrondissement de Paris, les militants socialistes semblent préparer le terrain à la défaite qui s’annonce. « Je l’ai soutenu pour son sens de la justice sociale et pour sa sincérité, explique Eden, militante de 25 ans. Trop peu ont fait de même, c’est triste. »

Inès et Jeanne (18 ans) déambulent dans la Grande Salle de la Mutualité, qui se remplit timidement. Pour elles, c’est le manque de débats de fond qui a “spolié” la campagne du candidat de la Belle Alliance Populaire. « On a clairement écouté celui qui criait le plus fort : Jean‐Luc Mélenchon, explique Inès, fraîchement engagée dans le Mouvement des jeunes socialistes (MJS). La gauche s’est montrée divisée encore une fois. Et Mélenchon n’a pas cherché à la rassembler. »

“Une profonde meurtrissure”

À l’annonce des résultats, l’ambiance vire à la déception. Scotché à 6,2%, bien loin du quatuor de tête, Benoît Hamon laisse ses militants abattus. Dans une courte allocution de trois minutes, le candidat socialiste avoue avoir « échoué », comparant son score à « une profonde meurtrissure ». Les mines sont déconfites et les regards vides.

« On espérait tous un sursaut, souffle Ethan (16 ans), également membres du MJS. Je me doutais bien qu’il ne se qualifierait pas pour le second tour. Mais 6%, c’est sévère. »

Face au pupitre désormais vide de Benoît Hamon, une foule clairsemée de militants remballent leurs drapeaux. Certains quittent déjà la grande salle de la Maison de la Mutualité, sans se retourner. C’est dans cette même salle que le candidat socialiste avait célébré sa victoire à la primaire de la gauche, en janvier dernier.

Peu de pleurs mais une grande désillusion règne à la sortie. Alors que le candidat socialiste a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour, pour la jeune Eden, l’échec est total. « On a assez fait d’arithmétique. Pour moi, ça sera le vote blanc ou l’abstention».