Consignes de vote : la droite oublie le « ni‐ni » et soutient Macron

François Fillon, Alain Juppé, Valérie Pécresse… De nombreux cadres des Républicains ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. Cette position rompt avec la stratégie adoptée lors des régionales de 2015.

La prise de position a été rapide et spontanée. Elle est restée tendance jusqu’au bout de la nuit. Chez les Républicains (LR), la liste des soutiens à Emmanuel Macron s’allonge d’heure en heure. Dimanche 23 avril, François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle, a déclaré qu’il votera pour le candidat d’En Marche ! : « Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite », a déclaré celui qui n’est pas parvenu à se hisser au second tour de l’élection.

Dès l’annonce des résultats, François Baroin a été le premier à s’être exprimé en faveur d’Emmanuel Macron. Le sénateur‐maire de Troyes, proche de Nicolas Sarkozy, a affirmé sur le plateau de TF1: « A titre personnel, je voterai naturellement Emmanuel Macron ». Dans la foulée, Christian Estrosi, président de la région PACA a aussi partagé sa décision sur Twitter : « Le candidat de ma famille politique n’est pas au second tour de l’élection présidentielle (…) J’appelle donc tous les citoyens de notre pays à voter en faveur d’Emmanuel Macron. »

Ils ne sont pas les seuls dans leur camp à opter pour l’ancien ministre de l’Economie. Alain Juppé, maire de Bordeaux, appelle également à voter Emmanuel Macron contre « l’extrême-droite qui conduirait la France au désastre ». Dans son sillage, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile‐de‐France, ou encore Xavier Bertrand, président de la région Hauts‐de‐France soutiennent Emmanuel Macron, toujours afin de faire barrage à la candidate du Front national.

Rompre avec le “ni‐ni”

Cette position rompt avec la ligne qu’avait adoptée le parti LR lors des élections régionales de 2015. Le FN était alors arrivé en tête dans six régions lors du premier tour. Pour contrer le FN, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy avait décidé de suivre la stratégie du « ni‐ni ». Les principaux responsables avaient validé, lors de la réunion de leur bureau politique de l’entre-deux tours, la ligne « ni retrait ni fusion » de leurs listes en faveur, notamment, des candidatures de la gauche. Finalement, le FN n’avait remporté aucune région cette année‐là.

A cette époque, seuls deux cadres du parti s’étaient opposés au « ni‐ni » : Jean‐Pierre Raffarin et Nathalie Kosciusko‐Morizet, numéro deux des LR à l’époque. Ces deux derniers ont également apporté leur soutien à Emmanuel Macron ce dimanche.

Jean‐Pierre Raffarin, justement, s’est écharpé avec Laurent Wauquiez sur le plateau de France 2 au sujet de ce ralliement. Car les LR ne parlent pas que d’une seule voix. Si le parti s’unit dans une volonté de faire obstacle au FN, tous ne désirent pas soutenir d’Emmanuel Macron de manière ostentatoire. Le vice‐président des LR, a simplement appelé à « ne pas voter pour Marine Le Pen. » Celui qui incarne la frange la plus à droite des LR refuse d’adouber l’ancien conseiller de François Hollande. Malgré cette nuance, le candidat d’En marche se positionne comme le grand favori du second tour.