Macron déjà prêt à “gouverner” : les déclas des vainqueurs et des battus

 

Emmanuel Macron a anticipé le résultat du second tour de l’élection présidentielle lors de sa première prise de parole après les résultats du premier tour, dimanche. Le candidat d’En Marche a déjà appelé au rassemblement pour construire un gouvernement. Voici les principales déclarations des vainqueurs et des battus du premier tour.

Il a été le dernier des grands candidats à s’exprimer, appuyé sur son pupitre, sonné par la décharge d’adrénaline. Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche soir. Crédité de 23,9% des voix à 23 heures selon le ministère de l’Intérieur, en avance sur Marine Le Pen, l’ex-ministre de l’Economie a déjà endossé le costume présidentiel. « Je veux dès à présent construire une majorité de gouvernement », a‑t-il lancé à la foule, ajoutant :

« Je veux rassembler le plus largement possible une force déterminante pour gouverner. Il n’y a pas plusieurs France, il n’y en a qu’une : la France des patriotes ». (E. Macron)

Dans son allocution, le prétendant à l’Elysée a pris soin de remercier François Fillon et Benoit Hamon, qui avaient appelé à voter pour lui plus tôt dans la soirée. Emmanuel Macron a profité de son passage à la tribune pour se désolidariser du bilan du quinquennat de François Hollande, malgré ses deux années passées à Bercy. « J’ai entendu les doutes, la colère du peuple de France, qui l’ont conduit à écarter les deux grands partis qui la gouvernent depuis trente ans ».

François Fillon et Benoit Hamon, les deux grands perdants du premier tour, se sont exprimés dans le même registre devant leurs militants en endossant l’entière responsabilité de leurs échecs. Benoit Hamon est monté à la tribune dans la foulée de la publication des résultats. « L’élimination de la gauche par l’extrême droite signe pour notre pays une lourde défaite morale, a‑t-il souligné avant d’appeler à voter pour Emmanuel Macron. Je fais la distinction entre un adversaire politique et une ennemie de la République ». Le candidat de la droite s’est lui aussi placé en rempart contre le Front national, même s’il estime toujours que l’élection lui a été enlevée.

« Le moment venu, la vérité sur cette élection sera écrite. Ce n’est pas de gaieté de coeur, mais je n’ai pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron ». (F. Fillon)

Le Pen se pose en rassembleuse

Malgré la vague de ralliements à l’ancien ministre de l’Economie, Marine Le Pen a adopté une posture combative et veut croire à la victoire dans deux semaines. « La première étape qui doit conduire les Français à l’Elysée est franchie », a‑t-elle appuyé. La candidate du Front national a tenté, comme Emmanuel Macron, de déployer une envergure présidentielle, même si l’arithmétique lui est moins favorable, avec aucun ralliement enregistré dimanche et des sondages qui plafonnent à 38% avant le deuxième tour. Le général de Gaulle, si souvent cité dans la campagne, a été convoqué dans le fief frontiste d’Hénin-Beaumont : « La grandeur d’un peuple ne procède que de ce peuple ». Soucieuse de rassembler au-delà de ses partisans, la députée européenne s’est désignée comme « la candidate du peuple », lançant un appel « à tous les patriotes sincères, d’où qu’ils viennent, quelles que soient leurs origines ».

Ils ne sont que deux parmi les candidats à 4,5% ou plus à ne pas avoir donné de consignes de vote. Nicolas Dupont-Aignan s’est réservé le temps de la concertation avec son parti, Debout la France.

« Je réunirai les instances de mon parti. Le moment venu, je ne me déroberai pas et ferai part de mon choix, en prenant en compte uniquement l’intérêt supérieur de la France ». (N. Dupont-Aignan)

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a surpris. Adversaire affiché du Front national, le candidat de la France insoumise s’est refusé à se prononcer pour le second tour, entretenant l’espoir chimérique d’une qualification au second tour lors de la publication des résultats définitifs. « Lorsque les résultats officiels seront connus, nous les respecterons. Je ne saurai dire ni faire davantage à cette heure ». Le leader de la gauche de la gauche veut lancer une consultation sur sa plateforme avant de donner une éventuelle consigne de vote. Cette hésitation pourrait faire le jeu de son ennemie de toujours.