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Macron, roi du marketing politique

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Encore inconnu du grand public il y a deux ans, proposant un programme taillé pour ne pas faire de vagues, Emmanuel Macron s’est qualifié dimanche dernier pour le second tour de la présidentielle. Son secret : une maîtrise parfaite des nouveaux outils de communication.

En 2017, comment atteindre le second tour de l’élection présidentielle? Avec l’aide de Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de la communication politique, on a décrypté la stratégie marketing d’Emmanuel Macron, le leader d’En Marche !.

Vendre un produit plus qu’un programme

Jeune, sympathique et ambitieux, Emmanuel Macron a tout pour plaire. Son principal atout, c’est sa propre personne. Et il le sait. Dans les “10 bonnes raisons pour voter pour Emmanuel Macron” envoyées par mail à ses sympathisants à quelques jours du premier tour, six portent sur sa personnalité et trois seulement sur son programme.

 

Les 10 bonnes raisons pour voter Emmanuel Macron envoyées aux sympathisants

 

Il met en avant sa liberté d’esprit, son parcours professionnel et sa connaissance du monde du travail et le respect de ses adversaires. Il cherche à se démarquer des candidats des partis traditionnels et avant tout de la candidate du Front national, Marine Le Pen, désormais sa principale adversaire.

Pas de produit sans packaging : selon Philippe Moreau-Chevrolet, on retrouve aussi le “cool” du candidat dans son mouvement En Marche ! et son logo au design minimaliste qu’arborent fièrement sur leurs t-shirts des centaines de “Marcheurs”, jeunes soutiens d’Emmanuel Macron.

Une stratégie agressive et innovante sur le terrain

Ce sont ces “Marcheurs” qui ont été au cœur de la stratégie de terrain du jeune candidat. Ils ont d’abord fait du porte-à-porte au début de la campagne pour recueillir les demandes des Français, aujourd’hui ils accueillent les sympathisants lors des meetings d’Emmanuel Macron, pierre angulaire de la stratégie de terrain du mouvement.

En coulisses, grâce aux inscriptions sur le site et aux données personnelles récoltées sur les sympathisants lors des meetings, En Marche alimente les données de sa campagne pour lancer des outils de communication géolocalisée. On reçoit par exemple des mails du référent local d’En Marche ! et des notifications pour des événements proches de chez soi.

Des adversaires qui n’ont pas suivi

Face à Macron, les autres principaux candidats à la présidence ont raté le coche. Souvent à cause d’un appareil de parti trop inerte pour réussir à innover. “Les partis sont repliés sur eux-mêmes, peu ouverts sur la société et obnubilés par des luttes de pouvoir interne”,  explique Moreau-Chevrolet. On pense évidemment au Parti socialiste et aux Républicains qui payent aujourd’hui le prix d’une stratégie sûrement trop classique.

Même si elle s’est qualifiée pour le second tour, Marine Le Pen n’a pas choisi d’innover non plus. En dehors d’un changement de logo (de la flamme bleu blanc rouge à la rose bleue) et d’une adaptation à l’inexorable avancée de la politique spectacle (elle a participé à l’émission Une ambition intime sur M6 et fait des blagues sur Snapchat), la candidate du Front national continue à consolider son image de mère prête à redresser et protéger le pays.

“Consumérisme politique”

Au delà d’une stratégie marketing menée d’une main de maître parce qu’en accord avec les attentes de la jeunesse, Emmanuel Macron a également profité d’un certain “consumérisme politique”. L’électorat attend désormais que, comme dans la vie quotidienne, les marques changent et donc que les visages changent. “Les électeurs en ont marre des anciennes politiques, sont attirés par tout ce qui est nouveau, ce qui permet d’imposer très vite une nouvelle marque, un nouveau visage”, explique Moreau-Chevrolet.

Selon lui, Macron est un “président-éprouvette”, créé en laboratoire et vendu à l’électorat avec de bonnes techniques marketing. “Si Macron devient président, cela voudra dire qu’on est capable de produire en quelques mois, un candidat éligible”, conclut Moreau-Chevrolet.

 

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