Le Pen au second tour : “normal” pour les jeunes

VIDEO. Le Front national au premier tour de l’élection présidentielle ? Chez les plus jeunes, plus personne ne semble s’en étonner. 

 

La jeunesse emmerde-t-elle encore le Front national ? A la sortie des lycées, au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, ni stupeur, ni trouille, ni sidération. Plus personne ne tombe des nues en voyant le score de Marine Le Pen : 21,3% des suffrages.

« C’est normalAvec la montée du terrorisme, avec ce système qui ne marche pas, ce quinquennat de François Hollande, ou encore les affaires de François Fillon… » ‑Henri, 18 ans, lycéen en terminale ES

« On n’approuve pas, confie Camille, il y a des inscriptions ‘Nique Le Pen’ dans les couloirs… il faut faire quelque chose pour lutter contre ça, oui, mais ça ne va pas changer le choix de la majorité des gens ». Blasé, non, mais habitués, oui.

On est loin, bien loin des manifestations d’avril 2002, où les manifestants ne pouvaient plus défiler, où le cortège, blindé, restait paralysé. En voyant des images de ces rassemblements anti-FN, certains sont stupéfaits. « Ah putain, quand même », lance Léo, 18 ans. Il l’avoue, il n’a pas été surpris non plus par ces résultats.

«Ça fait des années qu’elle ne fait que monter. Au bout d’un moment, on s’y fait un peu. Quand on est né, le FN faisait déjà de bons scores, Marine Le Pen ou son père. Mes parents, ils sont dégoûtés. Moi… moins, j’sais pas pourquoi. » — Léo, 18 ans

Yacine, lui, essaie de prendre du recul. « Mais ils se sont révoltés car c’était nouveau. Nous, on a l’habitude. En revanche, si elle est élue présidente un jour, ça sera la même chose qu’en 2002. » Il jette un oeil vers les affiches des élections — que ses camarades de classe se sont amusés à taguer — puis continue : « Le problème, c’est que dans mes amis, il y en a peu qui ont pris la peine de se déplacer pour voter. C’est aussi à cause de l’abstention. Au second tour, tout le monde ira ». Le sentiment est largement partagé, et même s’ils ne sont plus étonnés, les lycéens espèrent beaucoup du fameux « front Républicain ». Le FN est encore loin d’être dédiabolisé.

Alice FROUSSARD et Vincent LAMHAUT