FACT-CHECK. Non, Marine le Pen n’entrave pas seulement Mediapart et Quotidien

Marine Le Pen était ce jeudi matin l'invitée de l'émission Bourdin direct sur BFM et RMC. Lorsque Jean-Jacques Bourdin lui a reproché de verrouiller sa communication, Marine le Pen a affirmé ne refuser d'accréditer que deux médias à ses réunions publiques : Quotidien et Mediapart, qu'elle considère comme partisans. C'est tout ?

  •  Ce que dit Marine le Pen 

A la question de Jean-Jacques Bourdin “Pourquoi est-ce que vous choisissez les médias qui vous suivent ?”, sur le plateau de BFMTV ce jeudi 4 mai, au lendemain du Grand débat de l’entre-deux-tours, Marine le Pen répond “Oui, ça fait 5 ans que Mediapart et Quotidien sont interdits … ” . Le journaliste l’interrompt : “Ce ne sont pas les seuls !”. “Si ! Si !”, assure Marine le Pen.

Elle se justifie d’ailleurs pour Mediapart. “Il y a cinq ans, Mediapart a dit : ‘J’accueillerai tous les candidats à part Marine le Pen.’ Et bien moi j’accueillerai tous les journalistes sauf Mediapart.”

Des affirmations pour le moins contestables.

  • Pourquoi c’est faux

Le 24 avril, pour dénoncer les entraves du Front national à l’égard de la liberté de la presse, 36 journalistes de 29 médias ont signé une pétition. En voici la liste : Libération, l’AFP,Alternatives Economiques, BFMTV, Capa, France Culture, France Info, Premières Lignes, Quotidien, RFI, Les Echos, Le Figaro, France 2, la rédaction nationale de France 3, France 24, RMC, RTL, Télérama, LaTéléLibre, TF1, France Inter, L’Humanité, le Journal du Dimanche, M6, Médiapart, Le MondeL’Obs, Le Point, ainsi que les élus du SNJ-CGT et de la CFDT du conseil de rédaction de La Voix du Nord.

Sélection à l’entrée des meetings,  expulsions pouvant aller jusqu’à l’agression physique, journalistes triés sur le volet, ou encore envoyés à de mauvaises adresses … Les signataires affirment qu’ils « ont vu leur représentant tenu à l’écart de toute information et de toute possibilité de suivi sur le terrain de la candidate du Front national. »

La pétition précise même qu’ ”après Mediapart et Quotidien (et avant lui Le Petit Journal), l’AFP, Radio France, RFI, France 24, Le Monde, Libération et Marianne, notamment ont été à un moment ou à un autre victimes de ces exclusives.”

Anne-Læticia Béraud de 20 Minutes, et Olivier Faye, journaliste au Monde, ont également témoigné de leurs difficultés à exercer leur métier au meeting de Villepinte, le 1er mai dernier, sur leur propre compte Twitter.

Des témoignages qui discréditent la candidate du Front national lorsqu’elle s’en tient à assumer l’exclusion de Quotidien et de Mediapart, qui selon elle, sont partisans. En fait, de nombreux autres médias font état d’atteinte à leur liberté d’informer.

La candidate du Front nationale n’est néanmoins pas la seule à refuser des demandes d’accréditation. Emmanuel Macron a refusé l’accès les médias Sputnik et RT, deux médias pro-russes, à ses réunions publiques.