Le Pen — Macron : annoncer son Premier ministre… ou pas

Marine Le Pen l'a répété ce matin sur RMC: Nicolas Dupont-Aignan sera son Premier ministre en cas de victoire à l'élection présidentielle. Emmanuel Macron, lui, refuse de désigner avant l'heure celui qui serait son chef de gouvernement. Le candidat d'En Marche ! s'en est expliqué mardi matin, sur RMC.

Vous avez dans le souvenir De Gaulle, François Mitterand, Jacques Chirac annonçant leur premier ministre ? Ce n’est pas un ticket que les français élisent. C’est un projet, un homme, une femme.” Non, Emmanuel Macron n’entrera pas dans le jeu de Marine Le Pen. Interrogé par Jean‐Jacques Bourdin dans “L’heure du choix”, sur RMC mardi 2 mai, le candidat d’En Marche ! a refusé de répondre à la candidate du Front national, le mettant au “défi” d’annoncer, comme elle, son Premier ministre. Son argument: aucun candidat à la fonction ne l’a fait auparavant.

Le 29 avril, Marine Le Pen s’était ainsi affichée aux côtés de Nicolas Dupont‐Aignan. La veille, le fondateur du parti souverainiste Debout la France, crédité de 4,7% des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle, avait annoncé officiellement son ralliement à Marine Le Pen.

Une promesse de nomination avant le second tour

Présidente de la République, je nommerai Nicolas Dupont‐Aignan Premier ministre de la France, appuyé par une majorité présidentielle cohérente et unie par un intérêt national que nous ferons naître. Avec lui, nous constituerons un gouvernement d’union nationale.”  Une déclaration qu’elle a réitéré ce matin dans le matinale de Jean‐Jacques Bourdin sur RMC.

Un accord de gouvernement a même été signé pour donner les premières lignes d’un éventuel gouvernement Dupont‐Aignan, une première. Car, avant cette élection 2017, aucun président n’avait pris une position aussi claire entre les deux tours.

Des ministres souvent connus, mais pas annoncés officiellement

Emmanuel Macron s’est ainsi justifié de ce refus en rappelant Charles de Gaulle et Jacques Chirac, qui ne s’étaient pas prêtés à ce jeu. En revanche, affirmer que le Premier ministre n’est jamais connu à l’avance n’est pas tout à fait exact. En 2007, Nicolas Sarkozy, élu le 16 mai avec 53% des voix, avait ainsi choisi sans surprise son bras droit, François Fillon, qui l’avait soutenu tout au long de la campagne. L’officialisation du pensionnaire de Matignon avait été faite le lendemain.

Habituellement, les politiques privilégient la prudence en évoquant leurs ministres potentiels. Certains, parfois, le disent à demi‐mot, avant même le premier tour, comme François Fillon, cette fois dans le rôle du candidat à la présidentielle. Il avait évoqué le 3 avril François Baroin comme possibilité, évoquant “un homme politique de grande qualité qui aujourd’hui m’apporte un soutien très important, on travaille ensemble, et il est un des Premiers ministres possibles”. Son élimination lui aura permis de mettre un terme définitif à ses réflexions.

DIAPORAMA. Les Premiers ministres des gouvernements post‐électoraux de la Ve République