Marine Le Pen veut transformer le FN en première force d’opposition

Marine Le Pen se dit à la tête de la "première force d'opposition" au nouveau président, Emmanuel Macron. La candidate du Front national appelle à une profonde transformation de son parti après avoir rassemblé 33,94% des suffrages et plus de 10 millions de voix au second tour

La défaite n’a duré que cinq minutes pour Marine Le Pen. La candidate du Front National (FN) a pris la parole dès 20h05 après l’annonce de sa défaite au second tour de la présidentielle (33,94% des voix). Elle a annoncé une transformation en profondeur de son parti et se voit désormais en cheffe de la “première force d’opposition” du pays contre le nouveau président élu, Emmanuel Macron.

Le parti eurosceptique et nationaliste qu’elle dirige depuis 2011 va être “transformé en profondeur”, a assuré Marine Le Pen devant un millier d’électeurs au Chalet du Lac, à Vincennes (Val‐de‐Marne). Les 10 637 120 voix qu’elle a récoltées sont à ses yeux une invitation à faire évoluer le FN.

Changement de nom annoncé par Florian Philippot

Le FN est à un tournant de son histoire, ont insisté les dirigeants du parti sur les plateaux télévisés. Un “nouveau clivage” politique oppose désormais “les mondialistes aux patriotes” et enterre la vieille rivalité droite — gauche, a affirmé Nicolas Bay, secrétaire national du FN, sur BFMTV. Florian Philippot, vice‐président du FN, est allé plus loin sur le plateau de TF1 : ” Le FN va profiter de cette dynamique et (…) par définition, il n’aura plus le même nom”.

L’alliance du 29 avril entre le FN et le parti de Nicolas Dupont‐Aignan (Debout La France, souverainiste) ne serait que le début de cette transformation vers une droite souverainiste perçue comme la première force à droite. Sur TF1, dès 20h10 le président de Debout La France s’est dit “absolument convaincu qu’il y a une reconstruction politique à faire”. Un accord inédit a été signé avec le FN par le candidat crédité de 4,7% des voix le 23 avril. Alors que Marine Le Pen lui avait promis Matignon en cas de victoire, il s’est dit volontaire pour accompagner le FN dans son objectif de faire barrage au nouveau président et le priver du moindre “chèque en blanc”.

Jean‐Marie Le Pen pas pressé

“On devient quand même la principale opposition, s’est réjoui Mathieu Latrille, vice‐président du FN à SciencesPo et secrétaire national du collectif Marianne parmi les militants à Vincennes. Dès demain, on sera dans la rue, à tracter pour les élections législatives. On a un vrai avantage par rapport à En Marche!, on est un parti fédéré”.  “Etonnament, je ne suis pas déçue des résultats” lance Joha, militante frontiste de 22 ans, en attendant “une belle percée pour les législatives”. 

Une voix discordante est venue du co‐fondateur et président d’honneur du parti, Jean‐Marie Le Pen, père de Marine et battu au deuxième tour de la présidentielle en 2002. Il a assuré sur RTL qu’il fallait en “rester aux fondations” du parti. Marion Maréchal‐Le Pen, députée du Vaucluse, a estimé sur France 2 que ces questions devaient être reportées au Congrès du parti en 2018.

Si elle réussit ce chantier visant à faire de son parti la première force d’opposition à droite, Marine Le Pen continuera à s’éloigner de l’image sulfureuse du FN. Voici 45 ans que le parti fondé par Jean‐Marie Le Pen, le père de la candidate battue, évolue sous le même nom. L’entreprise de dédiabolisation continue.