La victoire de Macron, une délivrance pour l’Europe et les Etats-Unis

Les médias allemands et anglophones saluent la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle française. Le succès de ce pro-européen marque un coup d’arrêt pour les idées nationalistes portées par le Brexit et le succès de Donald Trump.

Un véritable ouf de soulagement. La percée de l’«empressé» (El Pais) Emmanuel Macron a rassuré les médias européens et américains. Après avoir félicité le président élu, le Wall Street Journal se concentre sur la gestion de la relation du couple franco-allemand par Emmanuel Macron. Pour Marcus Walker, spécialiste de l’actualité politique et économique en Europe pour le médium américain, le président élu devra composer avec l’allié allemand Angela Merkel pour la refonte de la politique de la zone euro qu’il a proposée dans la campagne.

Le New York Times estime que le sacre du désormais ancien leader du mouvement En Marche! pérennise l’alliance européenne. «La victoire de Monsieur Macron offre un soulagement de taille à l’Union européenne, que Marine Le Pen avait menacé de quitter, ce qui aurait déstabilisé tour le bloc européen», explique le quotidien new-yorkais. «Avec des scrutins prévus en Allemagne et sûrement en Italie cette année, les résultats français étaient scrutés à la loupe, considérés comme un baromètre de la puissance durable d’une vague populiste qui a propulsé la Grande-Bretagne hors de l’Union européenne et Donald Trump à la Maison-Blanche». C’est «l’Europe qui gagne», confirme en Allemagne le Berliner Zeitung.

 

Le soulagement est aussi palpable chez les dirigeants européens. A commencer par Angela Merkel. La chancelière allemande s’est réjouit «à l’idée de collaborer avec le nouveau président, dans la confiance et dans l’esprit de l’amitié franco-allemande traditionnellement étroite.» Quelques minutes avant de rejoindre ses électeurs massés devant la pyramide du Louvre, Emmanuel Macron avait pris soin d’accorder son premier échange téléphonique à Angela Merkel.

Matteo Renzi, l’ancien président de conseil italien qui vient de reprendre la tête du parti démocrate, salue l’inscription d’une «extraordinaire page d’espérance pour la France et pour l’Europe».

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s’est de son côté félicité du choix des Français. “Pour ma part je me réjouis que les idées défendues d’une Europe forte et progressiste qui protège tous ses citoyens soient celles que la France va porter sous la présidence d’Emmanuel Macron dans le débat sur l’avenir de l’Europe”, a argumenté Jean-Claude Juncker.

 

Dans sa Une de lundi, El Mundo présente Emmanuel Macron comme «le défenseur d’un projet européen».

Outre la victoire de l’Europe, ce résultat révèle une véritable fracture au sein de l’électorat français. Vu de Belgique, Emmanuel Macron est dans l’obligation d’enclencher le changement promis il y a cinq ans par François Hollande. «Macron gagne, mais cela ne suffira pas», prévient le journal flamand De Standaard, qui qualifie de “morne” le quinquennat de François Hollande. Obtenir une majorité au parlement «est très important pour le nouveau président pour mener à bien ses plans». «Après le premier tour, où les partis traditionnels ont été mis de côté, il était clair que les électeurs français aspiraient à l’innovation, selon De Standaard. Mais le résultat révèle une France profondément divisée».

Rejet du racisme et de la xénophobie 

Chargée d’amorcer le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne après la victoire pro-Brexit en juin 2016, Theresa May, Premier ministre britannique, a félicité sobrement le président élu.

Outre-Atlantique, les félicitations ont rapidement afflué de la part des hommes politiques. Elu premier ministre du Canada à seulement 43 ans, Justin Trudeau appelle de ses voeux au renforcement du lien franco-canadien.

Donald Trump se montre empressé de collaborer avec Emmanuel Macron. Le président des Etats-Unis présente ses «félicitations à Emmanuel Macron pour son élection en tant que président de la République. J’ai hâte de travailler avec lui». Un message au ton moins enjoué que celui de Barack Obama adressé vendredi à Emmanuel Macron mais publié un peu plus d’une heure après la victoire du candidat centriste.

Bernie Sanders, candidat malheureux à la primaire du parti démocrate, a insisté sur le rejet par les Français du racisme et de la xénophobie.

Pour le titre allemand le Süddeutsche Zeitung, la victoire d’Emmanuel Macron a permis «d’éviter la catastrophe» liée à une accession au pouvoir du Front national.

Tad Devine, le stratège politique de Bernie Sanders, avait exhorté mercredi dans un message vidéo aux Français de voter Macron pour ne pas reproduire “l’erreur énorme que nous avons commise ici.”

Le mot-clé “FrenchElection2017” a été le deuxième hashtag le plus utilisé aux Etats-Unis le 7 mai. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, de l’importance mondiale de cette élection présidentielle après le Brexit et la victoire inattendue de Donald Trump.