Manuel Valls, “l’apartide”

Manuel Valls a annoncé, mardi 9 mai, sur RTL, qu'il serait candidat aux élections législatives sous l'étiquette de La République en marche. Au-delà de l'accueil glacial qui lui a été réservé par le mouvement lancé par Emmanuel Macron, l'ancien Premier ministre s'est attiré les foudres d'une partie du PS.

Après avoir soutenu Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, Manuel Valls est allé encore plus loin dans son entreprise de séduction du nouveau président. Invité de RTL mardi 9 mai, l’ancien Premier ministre a déclaré sa candidature aux législatives sous la bannière de La République en marche — nouveau nom du mouvement En Marche ! — dans la première circonscription de l’Essonne.

Je veux la réussite d’Emmanuel Macron, a d’abord annoncé Manuel Valls. Donc, comme j’invite d’ailleurs tous les députés sortants, les progressistes, ceux qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron avant le premier tour, ceux qui souhaitaient sa victoire, moi je serai candidat de la majorité présidentielle et je souhaite m’inscrire dans ce mouvement qui est le sien, La République en marche”.

“Il lui reste 24 heures”

Seul problème : comme l’a souligné Benjamin Griveaux, porte-parole d’Emmanuel Macron, quelques minutes plus tard sur Europe 1, “Manuel Valls n’a pas été investi par la commission d’investiture, ou alors sa candidature m’a échappé. (…) Il aurait dû déposer sa candidature comme chacun, puisque la règle est la même pour tous.” Benjamin Griveaux a tout de même indiqué à Manuel Valls qu’il lui restait “24 heures” pour faire acte de candidature. Le mouvement a pourtant déjà investi une candidate dans la même circonscription.

Christophe Castaner s’est fait plus tard sur Franceinfo l’écho de ce camouflet. Le porte-parole de La République en marche a souligné que “la République des privilèges est terminée”. L’ancien Premier ministre ne se verra réserver aucun traitement de faveur. “Déjà, il faut qu’il fasse acte de candidature, et qu’ensuite la commission nationale d’investiture se prononce”, a renchéri Christophe Castaner. Autant dire que l’accueil a été plutôt froid pour Manuel Valls, qui a pourtant multiplié les déclarations d’admiration envers Emmanuel Macron.

Je ne te suivrai pas cette fois”

Pour autant, pas question de revenir au bercail. En déclarant “le Parti Socialiste est mort”, et en annonçant son ralliement au mouvement d’Emmanuel Macron, Manuel Valls a brisé les derniers liens qui le rattachaient au PS. Ses plus proches soutiens d’autrefois commencent à s’éloigner, comme le sénateur Luc Carvounas.

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, a lancé un ultimatum à Manuel Valls en déclarant qu’il était “impossible” que l’ancien Premier ministre ait sa carte du PS et son investiture pour La République en marche. Manuel Valls, sans parti fixe, joue sûrement une grande partie de son avenir politique. Et il est prévenu : Les Républicains n’accepteront pas les “losers”.