En rang ou en marche, les socialistes devront choisir

Manuel Valls a affirmé ce matin sur RTL, qu’il souhaitait être « candidat de la majorité présidentielle » pour les prochaines élections législatives, au sein de La République en marche. Il n’est pas le seul socialiste à vouloir rejoindre le mouvement du nouveau président. Une situation qui pose problème, du côté d’En marche comme chez les socialistes.

La nuance est fine, mais primordiale. La République en marche, le nouveau nom du parti d’Emmanuel Macron, n’acceptera pas de candidature à ”double étiquette” lors des prochaines élections législatives, mais autorisera des personnes externes au mouvement. Autrement dit, si un candidat socialiste veut se présenter sous la bannière  La République en marche, il devra délaisser — le temps des législatives — son appartenance socialiste.

Du côté de Solférino, cette dernière option n’est pas acceptable. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a signalé qu’il serait « impossible » à Manuel Valls de garder sa carte d’adhérent au PS s’il briguait l’investiture de La République en marche pour les législatives.

Plus généralement, les socialistes se retrouvent face à un véritable casse-tête pour ces législatives. Le bureau national, qui se tenait le jour de la déclaration de M. Valls, devait trancher sur l’attitude à adopter face à En Marche lors de ce scrutin. Faire partie de La République en marche ou présenter ses propres candidats aux législatives, telle était la question. La réponse est sans appel : “Il y aura des candidats En Marche dans toutes les circonscriptions et comme nous n’avons pas d’accord avec eux, car nous sommes différents, il y aura donc un candidat socialiste dans chaque circonscription”, selon Olivier Faure, le porte-parole du parti. Celui-ci défend la spécificité du Parti socialiste face à En marche!

En vue des législatives, 395 candidats ont déjà été investis par le PS depuis le mois de décembre 2016. Parmi eux, une petite dizaine a retourné sa veste et souhaite désormais se présenter aux côtés de La République en marche. Un choix peut-être motivé par la perspective d’un très mauvais score pour le Parti socialiste aux prochaines législatives. Une étude de Kantar-Sofres Onepoint prévoit que le Parti socialiste ne récolte que 9% des voix en juin prochain, contre 24% pour le mouvement d’Emmanuel Macron.

La plupart de ces dissidents ont perdu leur investiture auprès du Parti socialiste. Une situation problématique pour eux : ils se retrouveront en compétition contre un autre socialiste dans leur propre circonscription. C’est par exemple le cas de Jean-Jacques Bridey, actuel député PS de la 7e circonscription du Val-de-Marne.

Quelles conditions pour être candidat à l’investiture ?

Les règles pour avoir le droit de porter les couleurs de La République en marche sont très strictes.

Première exigence : ne pas être un ancien ministre du gouvernement. Difficile de croire que Manuel Valls pourra se présenter aux législatives pour le mouvement, comme il le voudrait. Selon les indications fournies par En Marche!, au moins la moitié des investis seront candidats à la députation pour la première fois et une grande partie d’entre eux seront issus de la société civile. La parité stricte devra être appliquée. Les investis devraient également représenter plusieurs sensibilités politiques, avec des candidats de gauche, du centre, de droite, ou encore écologistes. La sélection sera faite par quinze militants qui vérifieront également la probité des candidats. Impossible pour eux d’obtenir l’investiture s’ils ont un casier judiciaire ou s’ils ont déjà été condamnés à une peine d’inéligibilité. Pour candidater, une plateforme en ligne a été mise en place. 14.000 candidatures auraient déjà été reçues. Elles seront validées par la Commission nationale d’investiture, présidée par Paul Delevoye. Encore un peu de patience, les résultats ne seront dévoilés que jeudi.