Pourquoi l’annonce du nouveau gouvernement a été retardée de 24 heures

Initialement prévue ce mardi après-midi, la composition du nouveau gouvernement ne sera finalement révélée que mercredi à 15 heures. Raison invoquée par l’Elysée : « un temps de vérification » de la situation fiscale des ministres.

Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne : la loi de moralisation de la vie publique sera le premier chantier du futur gouvernement. Le travail semble avoir déjà commencé, avec une surprise de taille ce mardi après-midi : l’annonce du nouveau gouvernement a été retardée d’une journée pour pouvoir passer à la loupe la probité des ministres avant même leur nomination. Selon un communiqué de l’Elysée, Édouard Philippe a inversé le processus pour éviter d’éventuels scandales qui viendraient ternir l’image qu’il veut donner à son gouvernement. Il a ainsi transmis une liste de noms de futurs ministres à la Haute autorité de la vie publique pour des vérifications.

La Haute autorité a pour mission d’examiner les déclarations de situation patrimoniale et les déclarations d’intérêts des membres du gouvernement après leur entrée en fonction. Edouard Philippe la connaît bien : selon Mediapart, il aurait écopé en 2014 d’un blâme pour manque de transparence sur sa déclaration de patrimoine. A l’époque, il n’avait pas souhaité donner de précisions sur ses salaires et indemnités ainsi que sur l’estimation chiffrée de son patrimoine immobilier.

Le choix de ce report surprise, et très médiatisé, souligne la volonté d’Emmanuel Macron de marquer une rupture avec les précédents gouvernements, selon son entourage. C’était notamment l’une des principales exigences de François Bayrou avant son ralliement, lui qui “refuse (…) que des intérêts privés, de grands intérêts industriels ou financiers, prennent la vie publique en otage”.

Avant même les élections législatives, le nouveau gouvernement devrait ainsi présenter un projet de loi qui reviendra sur certains privilèges politiques, à commencer par la fin du « du népotisme pour les parlementaires », en écho à l’affaire Pénélope Fillon. Ce projet de loi contiendrait également l’interdiction de faire plus de trois mandats identiques successifs, un impôt sur l’indemnité de frais de mandat, la disparition du régime spécial des retraites des députés et l’exigence d’un casier judiciaire vierge pour être élu. De quoi animer le débat dans l’hémicycle.