Gouvernement : les fidèles de Macron récompensés

Le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, a annoncé, mercredi 17 mai, la liste des ministres et secrétaires d'Etat du premier gouvernement d'Edouard Philippe. Parmi eux, des proches d'Emmanuel Macron, récompensés pour leur fidélité au nouveau président.

Ce n’est pas vraiment une surprise : Emmanuel Macron a décidé de nommer plusieurs de ses proches au gouvernement.

  • Gérard Collomb

Quel ministère ? : ministère de l’Intérieur

On a vu le maire socialiste de Lyon très ému lors de l’investiture d’Emmanuel Macron. Il est l’un de ses plus fidèles soutiens. A 70 ans, il n’envisageait de quitter la métropole du Rhône que pour un ministère régalien.

Le gros dossier : la menace terroriste plane toujours sur la France. Les attentats se sont multipliés alors que le pays se trouve en état d’urgence depuis novembre 2015. A noter qu’il hérite du titre de ministre d’Etat et qu’il est numéro deux du gouvernement.

Ralliement : il soutient Emmanuel Macron depuis le début, avant même que ce dernier ne soit candidat à la présidentielle.

  • Jean-Yves le Drian

Quel ministère ? : ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Inamovible ministre de la défense pendant le quinquennat de François Hollande, il a quasiment fait l’unanimité, à droite comme à gauche. Surprise : il ne conserve pas son poste, mais garde un ministère régalien, celui des Affaires étrangères.

Problème pour le toujours ministre : il s’était déjà vu reproché le cumul des postes de président de la région Bretagne et de ministre. Compte tenu de la position d’Emmanuel Macron sur le cumul des mandats, sa position risque d’être compliquée.

Le gros dossier: le nouvel intitulé du ministère prouve combien la priorité d’Emmanuel Macron est l’Europe.

Ralliement : fin mars, il a annoncé son soutien à Emmanuel Macron devant des élus du Conseil régional de Bretagne. Il a beaucoup conseillé le candidat d’En Marche ! tout au long de la campagne.

 

  • Richard Ferrand

Quel ministère ? : ministre de la cohésion des territoires

Alors ministre de l’Economie, Emmanuel Macron confie à Richard Ferrand la rédaction d’un rapport sur les professions réglementées. Le député du Finistère a ensuite été rapporteur général de la loi Macron. Pendant les discussions sur le projet de loi, il est séduit par le ministre qu’il ne quittera plus.

Le gros dossier : Emmanuel Macron a régulièrement mis en avant le fossé qui existe entre les grandes villes et les zones périurbaines mais aussi entre la métropole et les territoires d’outre-mer. De plus, il souhaite réduire le nombre de départements d’un quart.

Ralliement : encarté au Parti Socialiste depuis l’âge de 18 ans, il a participé à la fondation d’En Marche ! en avril 2016. Il devient même secrétaire général du mouvement, un poste qu’il devrait abandonner.

  • Christophe Castaner 

Quel ministère ? : ministère des relations avec le Parlement

Il a été investi pour les législatives dans la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence.

Le gros dossier : obtenir la majorité présidentielle aux élections législatives est loin d’être acquis pour En Marche !, un mouvement si jeune. Le ministre devra s’assurer de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale malgré la diversité des députés se disant prêts à soutenir le président de la République.

Ralliement : ancien député socialiste, il notifie le 6 mars dernier, son départ du Parti socialiste à Jean-Christophe Cambadélis, par courrier.

Le cas particulier : François Bayrou 

Quel ministère ? : le ministère de la Justice

Le gros dossier : son objectif principal est faire adopter rapidement une loi de moralisation de la vie politique suite à la multiplication des affaires. Il compte aussi augmenter le nombre de places de prison dans la continuité du plan lancé par Jean-Jacques Urvoas. Il a aussi le titre de ministre d’Etat.

Ralliement : Au mois de février, François Bayrou a renoncé à présenter sa candidature à l’élection présidentielle pour proposer une alliance à Emmanuel Macron. Il a beaucoup conseillé Macron pendant la fin de la campagne. Les relations avec le président élu se sont tendues au moment où En Marche ! a annoncé la liste de ses candidats. Elles se sont rétablies à partir du moment où les candidats du MoDem étaient plus nombreux sur cette liste.