Hulot, Flessel, Mahjoubi : la société civile entre au gouvernement

Emmanuel Macron l'avait promis : il voulait faire entrer au gouvernement des personnalités issues de la société civile. Voici la liste de ces nouveaux ministres, plus ou moins connus du grand public.

 

  • Nicolas Hulot — ministre de la Transition écologique et solidaire

Il a enfin sauté le pas. Après avoir dit non à Jacques Chirac en 2002, Nicolas Sarkozy en 2007 et François Hollande en 2016, le militant écologiste s’est laissé convaincre par Emmanuel Macron. L’ancien présentateur d’Ushuaia a longtemps flirté avec la politique sans jamais vraiment y entrer. Lobbyiste convaincu et convaincant, il a murmuré à l’oreille de Laurent Fabius, Jacques Chirac et François Hollande. Il a bien tenté une fois d’être sur le devant de la scène. En 2011, il est battu à la primaire écologiste par Eva Joly. Rallié à François Hollande, il accepte en 2012 le poste créé pour lui d’ « envoyé spécial pour la protection de la planète » mais il démissionne en janvier 2016. Pour l’élection présidentielle de 2017, plus de candidat écologiste pour lui faire concurrence, mais contre toute attente, il refuse de se présenter.

Le gros dossier : Pendant la campagne d’Emmanuel Macron, il a souvent critiqué son programme, trop léger sur l’écologie. S’il l’a rejoint aujourd’hui, c’est qu’il a dû obtenir de sérieuses avancées en matière de transition écologique. On sait qu’en 2016, il avait demandé au gouvernement de Manuel Valls l’abandon du projet d’aéroport de Notre‐Dame des Landes et la fin des négociations du traité de libre‐échange transatlantique. Des demandes qu’il pourrait avoir réitérées. Plus généralement, il souhaite faire de l’urgence écologique une priorité sur l’économie, et « préférer le libre‐échange au juste échange, la croissance à la prospérité ».

  • Agnès Buzyn — ministre des Solidarités et de la Santé

Elle a dirigé l’Institut national du cancer puis la Haute Autorité de santé. Agnès Buzyn a travaillé longuement à l’hôpital Necker, responsable de l’unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle.

  • Françoise Nyssen — ministre de la culture

Née à Bruxelles, elle est directrice de la maison d’édition Actes Sud, qu’elle a héritée de son père.

  • Muriel Pénicaud — ministre du Travail

Patronne de l’agence publique Business France, elle a été membre de nombreux comités exécutifs. DRH du groupe Danone, directrice générale adjointe du groupe Dassault Systèmes, administratrice des Aéroports de Paris, de la SNCF, du groupe Orange… Elle a été conseillère pour la formation de Martine Aubry en 1991.

  • Jean‐Michel Blanquer — ministre de l’Education nationale

Directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale de 2009 à 2012, il était professeur de droit public, recteur de l’Académie de Guyane puis de Créteil. Candidat malheureux à la présidence de Sciences Po en 2010, il devient directeur général de l’Essec en 2013.

  • Frédérique Vidal — ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Chercheuse en sciences de la vie et ancienne présidente de l’Université de Nice‐Sophia Antipolis.

  • Laura Flessel — ministre des Sports

Le nom de la double championne olympique d’escrime n’avait pas fuité jusqu’alors. Elle allonge la liste des sportifs devenus ministres comme Jean‐François Lamour ou David Douillet. La candidature de la ville de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 est l’un des gros dossier que le ministère devra soutenir. Elle est d’ailleurs une des ambassadrices de la campagne.

  • Marlène Schiappa — secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité des femmes et des hommes

Créatrice du blog Maman travaille en 2008, elle y revendique l’égalité parentale, notamment au sujet de la conciliation vie professionnelle et vie privée. Élue au conseil municipal du Mans, sur la liste de Jean‐Claude Boulard, le maire socialiste, elle est chargée de l’Egalité et la lutte contre les discriminations.

  • Mounir Mahjoubi — secrétaire d’Etat chargé du Numérique

Il devient conseiller numérique du mouvement En Marche ! en janvier 2017, poste qu’il avait déjà occupé auprès de Ségolène Royal durant la campagne de 2007. Il est incarnation de l’esprit start‐up nation et compte à son actif la création de cinq entreprises dont La Ruche qui dit oui, réseau mettant en relation les producteurs locaux et les consommateurs. L’ex-président du Conseil National du Numérique investit pour les élections législatives sous la bannière La République en marche dans le nord‐est de Paris.

  • Sophie Cluzel — secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées

Engagée au service des enfants handicapés, elle a fondé plusieurs associations de scolarisation d’enfants handicapés — collectif SAIS 92 et Grandir à l’école — notamment à l’école. Sa propre fille, née en 1995, est trisomique.