Des candidats “marcheurs” contestés pour cause de Manif pour tous

Deux candidats investis par La République en marche aux élections législatives sont contestés par leur propre camp. En cause, une opposition à l'ouverture du mariage aux homosexuels.

Deux candidats investis aux législatives par La République en marche (LRM) sont contestés par des pétitions, lancées cette semaine. Elles appellent la commission nationale d’investiture LRM à retirer leurs candidatures.

Vincent Bru, maire UDI de Cambo-les-Bains est investi par le mouvement LRM dans la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. En 2013, il signait un manifeste demandant l’abrogation de la loi autorisant le mariage homosexuel. Ce qui rend furieux les militants locaux de La République en marche.

Nathalie Niel, référente départementale du mouvement déplorait mardi auprès de Sud Ouest, que Vincent Bru “n’est pas adhérent chez [eux]” et “n’a jamais participé à une seule réunion d’En Marche ! ces derniers mois. Ou seulement à un meeting à Pau.” Ce maire centriste aurait donc bénéficié de l’accord national entre François Bayrou et Emmanuel Macron. Sur cinq candidats dans le département du désormais ministre de la Justice, quatre sont en effet investi par des candidats MoDem ou UDI.

“On me reproche d’être homosexuel et d’avoir des relations avec un membre de la commission d’investiture”

Dans l’Aisne, la polémique est similaire. Aude Bono-Vandorme, élue UDI investie dans la première circonscription, aurait elle aussi pris position contre le mariage pour tous. L’auteur de la pétition ajoute que la candidate aurait, selon un article de L’Union, manifesté “devant la préfecture de l’Aisne à Laon le 17 novembre 2012 en lisant un discours réitérant son opposition farouche au mariage pour les couples de même sexe !”

Une accusation qu’elle dément à demi-mot sur sa page Facebook. Elle proteste contre “l’inexactitude des faits” rapportés dans la pétition. Mais concède : “J’ai en effet assisté en novembre 2012 à une manifestation d’opposition au projet de loi ‘ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe’.” En revanche, l’article de L’Union, cité par la pétition, précise bien que sa présence était due à sa qualité d’adjointe au maire de Laon, dont elle a lu un communiqué, et non comme manifestante.

Toujours dans son communiqué sur Facebook, l’élue y voit une “calomnie” mais surtout un “prétexte”. Il s’agirait d’ ”une attaque à l’encontre de ma foi et de ma pratique religieuse.”

Contacté par téléphone, Cyril Thirion, référent départemental de LRM et lui aussi membre de l’UDI, défend la thèse de la calomnie. “Ce sont des candidats déçus de ne pas avoir été choisis qui montent tout ça contre Aude”. Et de confirmer que la candidate “n’a jamais été opposée au mariage pour tous”.

Cyril Thirion regrette la tournure qu’a pris ce début de campagne, marquée par des rumeurs en série. “On me reproche d’être homosexuel et d’avoir des relations avec un membre de la commission d’investiture, ça prend des proportions hallucinantes.”

La pétition demandant à la commission nationale d’investiture LRM de retirer la candidature de Vincent Bru a obtenu 900 signatures. Celle visant Aude Bono-Vandorme en a obtenu plus de 1800. La dite commission ne s’est toujours pas exprimée sur le sujet.