Deux LR au gouvernement : soulagée, la droite reprend espoir

Dévoilé mercredi après-midi, le gouvernement d’Edouard Philippe ne compte que deux membres du parti Les Républicains. Bruno Le Maire est nommé ministre de l’Economie, tandis que Gérald Darmanin sera en charge du ministère de l'Action et des comptes publics. Un soulagement pour la droite, qui craignait un ralliement massif de ses ténors à Emmanuel Macron.

L’annonce n’aura pas eu les effets escomptés. “La droite tient bon” assure Antoine Sillani. Le responsable des Jeunes Républicains du Nord minimise l’entrée de Bruno Le Maire et de Gérald Darmanin dans le gouvernement d’Edouard Philippe : “On est loin de l’éclatement qui était promis. Il n’y a que trois ministres LR au gouvernement, et même pas de grand ténor de la droite.”

Et pourtant, Emmanuel Macron avait clairement annoncé son objectif : “déstabiliser ” la droite “en lui ouvrant les bras”. En nommant des Républicains dans son gouvernement, le président espérait attirer des élus de droite pour former sa majorité présidentielle à l’issue des élections législatives. 

Ce n’est pas une prise de guerre, c’est plutôt des prises d’otage , ils sont très isolés”, relativise François Baroin sur RTL. Selon le député de l’Aube, le faible nombre de ministres issus de son parti reflète l’échec d’Edouard Philippe : “il a sans doute tenté d’en amener beaucoup plus, mais il a en réalité perdu ses arbitrages”.

Une remobilisation des sympathisants

En début de semaine, la stratégie d’Emmanuel Macron laissait pourtant entrevoir des motifs d’espoir. Une vingtaine de personnalités de la droite et du centre, parmi lesquelles Nathalie Kosciusko-Morizet, Franck Riester et Thierry Solère, avaient signé une tribune pour “répondre à la main tendue par le président de la République”.

Sur le terrain, Antoine Sillani constate un regain d’attractivité de son parti :  “Ces derniers jours, les militants reviennent en masse dans les fédérations et les électeurs se resserrent”. Le jeune homme considère même que la stratégie d’Emmanuel Macron s’est retournée contre lui : “Il voulait supprimer les vieux partis mais au contraire, il les relance”, raille-t-il.

Pourtant, les derniers sondages donnent La République en marche ! largement en tête des intentions de vote pour les élections législatives ( 32% contre 19% pour Les Républicains et le Front national). Mais là encore, Antoine Sillani reste serein : “Rien n’est joué. La droite a toutes les chances de s’en sortir.” Ou de dépérir.