Pourquoi La République en marche n’investit pas des candidats partout en France

Le mouvement d’Emmanuel Macron a laissé vacantes cinquante-et-une circonscriptions en vue des élections législatives. Un appel pour les députés sortants à se ranger derrière le nouveau gouvernement.

Vendredi, La République en marche a actualisé la liste de ses candidats investis pour les élections législatives. Une sélection définitive, qui ne devrait connaître des aménagements qu’à la marge. 521 candidats, et donc plus de cinquante sans candidat En Marche ! Comment expliquer une telle situation ?

Pour la plupart des circonscriptions vacantes, qui sont gelées, il s’agit d’un geste politique”, nous explique le service presse de LRM. Certains juppéistes, mais aussi des personnalités de la gauche et du centre se retrouvent avec le champ libre pour défendre leur siège à l’Assemblée nationale.

Quelques exemples :

  • Manuel Valls, 1e circonscription de l’Essonne (91) :

L’ancien Premier ministre, défait à la primaire de la gauche, a tenté de se rallier à Emmanuel Macron pour les législatives. Mais les appels du pied du député d’Evry ont reçu un accueil mitigé à La République en marche. Désormais paria au Parti socialiste, Manuel Valls se lance en solitaire dans la campagne. Soucieux de ménager les bonnes volontés, le parti du président a fait le choix de ne lui opposer personne.

  • Thierry Solère, 9e circonscription des Hauts-de-Seine (92) :

Le porte-parole de la campagne de François Fillon fait partie des responsables des Républicains à avoir signé un appel pour accepter la “main tendue” par Emmanuel Macron. Le député sortant souhaite malgré tout conserver l’étiquette LR, avant de voter sa confiance au gouvernement, si son parti n’obtient pas la majorité des sièges dans l’hémicycle.

  • Benoist Apparu, 4e circonscription de la Marne (51) :

Ce fidèle d’Alain Juppé a été l’un des premiers, à droite, à appeler à voter pour Emmanuel Macron. Avant même le premier tour de la présidentielle. Comme Thierry Solère, le maire de Châlons-en-Champagne veut garder l’étiquette LR. En choisissant de ne pas lui opposer de candidat LRM, le mouvement du président de la République récompense ce soutien précoce.

Cependant, des sortants éloignés des idées portées par La République en marche, comme le Drômois Hervé Mariton (LR), soutien de la Manif pour tous, ou Jacques Bompard (extrême droite) dans le Vaucluse, restent sans adversaire LRM. Contacté par téléphone, le service de presse du mouvement d’Emmanuel Macron n’a pas souhaité en donner la raison.

En outre-mer, seize circonscriptions sur vingt-sept restent sans candidat macroniste. Le mouvement de la majorité présidentielle a privilégié passer des accords avec des figures locales, représentant des partis indépendants.

Créditée de 35% des intentions de vote dans les derniers sondages, La République en marche compte sur ces signaux de mansuétude envers plusieurs barons de droite comme de gauche pour offrir les coudées franches au gouvernement d’Edouard Philippe.