L’avenir incertain de l’aide aux victimes au nouveau gouvernement

Le secrétariat d'Etat à l'aide aux victimes du terrorisme et des accidents collectifs avait été créé à la suite des attentats de 2015. Il n'existe plus dans le nouveau gouvernement, au grand damn des associations.

Que va-t-il advenir de l’aide aux victimes ? Le secrétariat d’Etat n’a pas été reconduit par Emmanuel Macron et Edouard Philippe dans le nouveau gouvernement. Un décret paru au Journal officiel le 25 mai annonce que le portefeuille de l’aide aux victimes comptera parmi les missions du ministre de la Justice François Bayrou.

Juliette Méadel, en charge du poste sous François Hollande, a regretté cette disparition. Sur Twitter, des internautes l’ont jugée inquiétante pour l’avenir de la prise en charge des victimes du terrorisme ou d’accidents collectifs.

Pour Guillaume de Saint Marc, président de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), c’est un “signal plutôt négatif” : “Nous sommes dans l’attente. Il est trop tôt pour dire que c’est une baisse d’intérêt pour les victimes, mais ce n’est pas un signe encourageant.”, dit-il au CFJ.  Circonspect sur ce transfert de compétence, il ne veut pas condamner trop vite. Il tempère la déception des collectifs de victimes : “Voyons comment ça va se fixer. Il y a peut-être un aspect positif sur le plan du budget. Il n’y avait pas de budget au niveau du Premier ministre. Peut-être qu’il sera plus important au ministère de la Justice.

Un portefeuille symbolique

Le secrétariat d’Etat à l’aide aux victimes avait été créé en février 2016, à la suite des attentats du 13 novembre. A l’époque, l’annonce est bien accueillie par les associations de victimes qui réclamaient depuis longtemps la création d’un portefeuille. 

Si à l’origine, le secrétaire d’Etat assumait surtout une mission symbolique, il s’est rendu indispensable pour les victimes qui y ont trouvé un interlocuteur unique pour adresser leurs demandes. Rattaché au Premier ministre, le poste englobait donc toutes les actions ministérielles. “Les problèmes rencontrés par les victimes sont de tout ordre : cela concerne la justice, l’emploi, la santé…”, explique Guillaume de Saint Marc. Une convergence qui disparaît avec le transfert des missions au ministère de la Justice.

Une mission préservée a minima

Prévoyant la fin du quinquennat, le cabinet de Juliette Méadel avait néanmoins voulu garantir la pérennité d’une action gouvernementale en matière d’aide aux victimes. Cela s’est concrétisé avec la création d’un secrétaire général à l’aide aux victimes en février 2017. Cette administration a été pensée pour maintenir un service public en dépit des alternances politiques.

Pour Guillaume de Saint Marc, il est essentiel de maintenir une volonté politique, au delà de l’action administrative : “C’est important que la méthode de co-pilotage politique, avec la société civile et les associations, soit pérennisée”.