3 questions sur la réforme du compte personnel de formation (CPF)

La réforme de la formation professionnelle est l’un des chantiers au cœur des consultations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Le compte personnel de formation (CPF) mis en place par François Hollande en 2014 devrait évoluer.

  • Qu’est-ce que le CPF ?

Le compte personnel de formation (CPF) a été créé sous la présidence de François Hollande en 2014. C’est l’héritier du DIF (Droit Individuel à la Formation), qui profitait surtout aux salariés déjà en poste et plus diplômés.

Ce compte permet à tout salarié ou demandeur d’emploi de suivre, s’il le souhaite, une formation. Il est crédité en heures à la fin de chaque année, dans la limite de 150 heures de formation sur huit ans.

Même si le salarié change de travail ou perd son emploi, il a toujours la possibilité d’utiliser le quota d’heures restant : c’est ce qui s’appelle la portabilité des droits. Un site Web a d’ailleurs été mis en place pour permettre au bénéficiaire de connaître le nombre d’heures qu’il a acquises et qu’il lui reste.

 

  • Remplit-il ses objectifs ?

Selon le Conseil National de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelle (CNEFOP), un des objectifs du CPF est déjà atteint : les salariés moins qualifiés et les demandeurs d’emplois se sont emparés du dispositif. Ils l’utilisent davantage que son ancêtre, le DIF.

Mais un problème majeur a été soulevé par un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales : le CPF ne permet pas au salarié ou au demandeur d’emploi d’effectuer des formations non diplômantes. Ainsi, l’apprentissage de langues ou les formations améliorant la qualité de vie au travail ne sont pas subventionnées.

  • Que souhaite changer Emmanuel Macron ?

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a indiqué vouloir réformer en profondeur le CPF. Il aimerait que ce compte devienne un pivot de la vie professionnelle des salariés.

Premièrement, le financement des CPF doit augmenter, selon le nouveau président de la République. Une augmentation des moyens des CPF permettrait de proposer aux salariés plus de crédits annuels.

Emmanuel Macron souhaite faire augmenter de 0,2 à 1% la part des cotisations salariales brutes d’une entreprise finançant le Compte professionnel de formation.

Deuxièmement, le président aimerait aussi élargir le champ des formations possibles avec le CPF. Jusqu’à présent, un salarié pouvait effectuer uniquement des formations « certifiantes » (à l’issue desquelles l’employé obtient un équivalent de diplôme). Sous le gouvernement d’Edouard Philippe, le CPF deviendrait ouvert aux formations peu qualifiantes, comme celles permettant de faire fonctionner de nouvelles machines agricoles, par exemple.

Troisièmement, Emmanuel Macron souhaite également créditer le CPF en euros plutôt qu’en heures : le salarié pourrait donc directement payer l’organisme de formation, et ne plus passer en permanence par son employeur. D’après Marc Ferracci, professeur à l’université Panthéon Assas et Sciences Po, interrogé par les Echos, cette mesure « renforcerait la logique de marché de la formation professionnelle ».