Les attentes des indépendants face à la fin du RSI

Témoignages - Les travailleurs indépendants souhaitent un régime plus égalitaire avec les salariés. La disparition du régime social des indépendants le 1er janvier 2018 nourrit leurs espoirs.

Assise devant une table au milieu de son atelier, Christine Virmaux se fait peu d’illusions sur la fin du régime social des indépendants (RSI). La pièce est aujourd’hui nue. Elle l’a exceptionnellement vidée pour organiser une exposition d’œuvres d’artistes. « Leurs conditions de vies sont pires que les miennes », soupire‐t‐elle. Du haut de ses 62 ans, cette restauratrice d’objets d’art attend « des bases plus justes et une égalité de traitement avec les salariés ».

Créé en 2006, le RSI devait assurer la couverture maladie et gérer les retraites des travailleurs indépendants. Mais depuis son lancement, il ne fait que subir les critiques. Erreurs de calcul des cotisations et des retraites, traitement lent des dossiers, bugs informatiques… La liste des dysfonctionnements est longue. Le gouvernement rattachera donc les indépendants au régime général à partir du 1er janvier 2018.

Retraites trop faibles et “cafouillages”

Aujourd’hui « très mauvaises », les retraites des indépendants doivent être meilleures, selon Christine Virmaux. La couverture maladie ne la satisfait pas non plus. Elle estime que les salariés profitent de meilleures conditions. « Quand je me suis faite opérée des deux pieds, je n’ai pris que quelques jours avant de retourner à l’atelier, nous ne pouvons pas nous permettre d’être en arrêt maladie », explique‐t‐elle.

De son côté, Laurence Ernault « se passerait bien des cafouillages ». Cette ancienne salariée de 45 ans devenue gérante de son site web de confiseries n’a pas oublié son passage du salariat au statut d’indépendant. « Le RSI n’a pas enregistré mon médecin traitant dans ses données. A chaque fois que je vais chez le médecin, je suis donc moins remboursée que ce que je devrais. »

Des cotisations trop élevées 

L’envie d’un système plus simple et plus clair se ressent quand les indépendants parlent de leurs cotisations. Accoudée à l’accueil de son salon de coiffure à la pause déjeuner, Nathalie s’insurge devant le triplement de ses cotisations cette année. « Je ne gagne pas trois fois plus qu’avant », se justifie‐t‐elle. Elle aurait aimé être mieux informée.

« Les indépendants cotisent moins que les salariés », affirme la chocolatière Marie‐Hélène Gantois‐Kammerer. « Je suis contente car le régime général devrait offrir plus de sécurité, notamment pour les allocations chômages ». Mais selon elle, ce gain en sécurité se fera au prix d’une augmentation des cotisations. Pas de quoi ravir tous les indépendants.

Illustration : @Camellia1995 via Pixabay