Que prévoit Emmanuel Macron pour la Police de sécurité du quotidien ?

Lors de son discours aux forces de sécurité intérieure, le président de la République a annoncé le lancement des concertations sur la Police de sécurité du quotidien (PSQ). Pour l’heure, les différences semblent minces avec la police de proximité lancée par le gouvernement Jospin en 1998, puis supprimée par Nicolas Sarkzoy en 2003.

“Ce n’est pas, comme on l’a parfois dénoncé, aller jouer au foot avec les jeunes” a lancé mercredi Emmanuel Macron aux forces de l’ordre, tournant en dérision une déclaration de Nicolas Sarkozy en 2003. Si l’exécutif ne veut pas calquer la police de proximité, dans les faits, la police de sécurité lui ressemblerait beaucoup

Une police plus présente sur le terrain

Lors de son discours, Emmanuel Macron a déclaré souhaiter une police plus présente sur le terrain pour “renforcer le lien avec la population”. Il a notamment pointé le besoin de combattre la défiance de certaines personnes envers la police. Il a enjoint les forces de l’ordre à ne plus faire du contrôle d’identité une démarche automatique. Après avoir rappelé que la France était le pays où la pratique du contrôle d’identité est le plus répandue, il a renouvelé son opposition à l’introduction d’un récépissé de contrôle d’identité.

La PSQ sera chargée de lutter contre tout ce qui peut provoquer un sentiment d’insécurité, en luttant contre la délinquance du quotidien. Comme pour la police de proximité, les forces de l’ordre seront associées aux organisations de quartier. La PSQ aura pour mission de “conforter, rassurer” mais en même temps de “rappeler les règles” pour “sortir de l’opposition entre police de proximité et police d’intervention”.  L’exécutif entend également donner plus d’autonomie à l’échelon local.

Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a précisé les contours de cette nouvelle police, depuis les nouveaux locaux de la police judiciaire, 36 rue du Bastion, inaugurés jeudi. La police, qui devra être présente partout, “sera différente suivant que l’on sera par exemple dans le quartier paupérisé d’une grande ville, suivant qu’on sera dans la périphérie, ou suivant qu’on sera dans une zone rurale” a‑t-il déclaré à France Info.

Pour que les policiers soient plus présents sur le terrain, l’exécutif compte principalement sur la simplification de la procédure pénale, menée par la ministre de la justice Nicole Belloubet. L’objectif est d’alléger le dispositif administratif pour dégager du temps de terrain pour les agents.

10 000 nouveaux agents

Le président a rappelé la création de 10 000 nouveau postes d’agents des forces de l’ordre dans la police et la gendarmerie sur la durée du quinquennat, dont 7 000 dès les trois prochaines années.

Déclarant que la sécurité était la priorité budgétaire du quinquennat, il a rappelé l’augmentation de 1,5% du budget alloué à la sécurité qui monte ainsi à 12,8 milliards d’euros. L’effort sera aussi accentué sur le matériel utilisé par les forces de l’ordre, jugé obsolète par le président.

Ouverture des concertations lundi

La concertation sera lancée dès lundi à trois niveaux. A l’échelle nationale, les associations d’élus, les organisations syndicales des forces de l’ordre mais aussi des universitaires seront consultés. A l’échelle locale, les gendarmes, policiers et les élus locaux seront rassemblés par les préfets. Les sociétés de sécurité privée seront associées aux négociations car l’exécutif entend sous-traiter de plus en plus la sécurisation de certains lieux. Chaque gendarme et policier sera également consulté individuellement.

A l’issue des concertations, quinze métropoles seront délimitées d’ici décembre pour une expérimentation de la police de sécurité quotidienne dès 2018.

Illustration : @JacquesTiberi / Pixabay