Déraillement du TGV Est : le rapport définitif accable la SNCF

Le rapport définitif des experts sur le déraillement d'un TGV qui a fait 11 morts en Alsace en 2015, a été remis aux juges d'instruction ce lundi 30, selon des sources proches du dossier. Il pointe la responsabilité de la SNCF et sa filiale Systra.

Les experts judiciaires soulignent un “manque d’expérience et de formation” du personnel SNCF en matière d’essais. De précédents rapports avaient déjà mis en avant la vitesse excessive du train ainsi que de nombreuses erreurs de préparation.

Cet accident mortel, le premier dans l’histoire du TGV, a eu lieu le 14 Novembre 2015, à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, lors d’un voyage d’essai sur le nouveau tronçon à grande vitesse Paris-Strasbourg. Onze personnes avaient trouvé la mort, et 42 personnes avaient été blessées.

“C’est une étape que nous attendions depuis longtemps”

“Ce rapport met clairement en cause la SNCF et Systra dans les conditions que nous connaissons déjà” a déclaré Gérard Chemia, avocat d’une douzaine de familles de victimes. “C’est une étape, et j’espère qu’elle va permettre désormais une mise en examen des personnes morales” a‑t’il ajouté.

Un conducteur et un cadre de la SNCF ainsi qu’un salarié de Systra, filiale chargée de l’ingénierie, ont déjà été mis en examen en octobre 2016 pour homicides et blessures involontaires. Cependant, la compagnie et sa filiale ne sont pas encore poursuivies à ce jour par le pôle ‘Accidents collectifs” du tribunal de Paris.

Une vitesse excessive et des erreurs de calcul

Ce rapport judiciaire, non public, fait suite à celui du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), publié en mai, qui avait conclu à une vitesse excessive couplée à un freinage tardif. La rame circulait à 265 km/h à l’entrée de la courbe située en amont de l’accident pour une vitesse prévue de 176 km/h. Elle circulait encore à 243 km/h au point de déraillement situé 200 mètres plus loin.

Dans leur rapport d’étape, les experts judiciaires ont également mis en évidence des “erreurs de calcul” dans la détermination des points de freinage, et “une mauvaise évaluation” de la marge de ralentissement au moment de l’essai.