L’hologramme au coeur de notre quotidien

Utilisé par un musée pour conserver les témoignages des survivants de l’Holocauste, l’hologramme a déjà révolutionné des secteurs comme le numérique, la santé ou l’aéronautique. 

L’illusion est parfaite. Aaron Elster, survivant de la Shoah, jaillit sur la scène du musée de l’holocauste de l’Illinois aux Etats‐Unis. Ses mains bougent, ses yeux clignent, sa voix répond aux questions du public. Mais Aaron Elster n’est pas vraiment là.

Le musée américain a mis au point un projet pour sauvegarder la mémoire des derniers survivants des camps nazis à travers des hologrammes. C’est une image virtuelle, programmée pour répondre aux questions, qui est présenté au public. Il s’agit d’une première pour un musée. 13 survivants se sont prêtés à l’exercice.

“L’hologramme vous donne une connexion différente que si vous écoutez passivement. C’est de l’éducation dirigée par l’utilisateur” explique Heather Maio Smith, designer de l’exposition “Take a Stand Center”, inauguré ce dimanche.

Un demi‐siècle d’évolution

L’hologramme a occupé ces derniers mois le devant de la scène. Déjà, des personnalités politiques comme Jean Luc Mélenchon ou le président turc Recep Erdogan se sont dédoublées pour être présent à deux meetings à la fois. En 2012, l’hologramme de Tupac, invité par Snoop Dog, avait exalté le public du festival Coachella en Californie.

Pourtant la technique n’est pas nouvelle. L’image holographique, en d’autres termes la photographie en relief d’un objet ou d’une personne, participe à l’évolution de nombreux secteurs depuis des années.

C’est en 1941 que l’ingénieur hongrois Dennis Gabor élabore l’holographie. Il reçoit le Prix Nobel en 1971 pour sa découverte. Il y parvient en travaillant sur le microscope électronique et modélisant en trois dimensions des molécules. C’est aussi Gabor qui choisi le nom de cette nouvelle technique. Les premiers hologrammes sont réalisés en 1963 à l’université du Michigan, à la suite de l’invention du laser.

L’hologramme a modernisé maints sphères de la société. Le secteur de la santé en fait parti. Il permet de reconstituer les images en 3 dimensions des os ou d’organes du corps humain. Le diagnostic devient donc plus rapide et plus précis. Dans l’aéronautique, l’hologramme sécurise le vol. L’holographie accompagne les pilotes dans le ciel en projetant les indications du tableau de bord sur le pare‐brise. Le procédé est également utilisé en Formule 1.

Démocratisation

Mais l’hologramme n’est plus uniquement l’affaire de spécialistes. Il est aujourd’hui facile d’en réaliser. La recette? des ventilateurs et des ampoules LED. Nommés « Kino‐Mo », cette technologie a été saluée au CES 2017 de Las Vegas. L’effet est créé par une barre de LED qui tourne à grande vitesse. Elle rend invisible le ventilateur et fabrique une image capable de reproduire à la fois des images et des vidéos.

Le déploiement de l’holographie n’en est qu’à ses débuts. A l’instar des robots, l’hologramme et autres objets connectés sont amenés à prendre du poids dans les prochaines années. Déjà, HTC, Oculus et Sony, les trois plus gros acteurs de la réalité virtuelle proposent pour noël des prix abordables pour leurs casques de jeux vidéos. Tous sont vendus pour moins de 500 euros.

Le projet HoloLens, lancée par Microsoft, entend d’ici 2030 dématérialiser l’ordinateur grâce à une paire de lunettes holographiques. Bientôt, les doigts glisseront dans l’air, entre les fichiers, sur l’image projetée dans les lunettes et écriront sur un clavier virtuel.

“Ce casque a pleins d’applications dans le monde professionnel analyse Anthony Morel, journaliste spécialiste des nouvelles technologies, Les étudiants en médecine pourront avoir des représentations anatomiques plus vivantes, les architectes bénéficieront, eux, d’une représentation de leurs projets en trois dimensions.”