Uhuru Kenyatta « réélu » président du Kenya

Le président sortant a remporté l’élection présidentielle avec 98, 26% des voix. L’opposition avait boycotté le scrutin.

  

La démocratie ne ment pas. Telle est la rhétorique du président sortant nouvellement élu Uhuru Kenyatta. Il a choisi une statistique pour appuyer son discours: 98%.C’est le pourcentage d’électeurs qui ont voté pour lui ce week-end. Et tant pis si l’opposition n’a pas participé à l’élection.

Un scrutin qui n’est qu’une mascarade

Raila Odinga, son principal opposant au Kenya, avait choisi de boycotter le scrutin, préférant « la désobéissance civile » au jugement des urnes. La cause ? Des urnes pas franchement étanches. Les violences meurtrières des derniers jours et l’incertitude autour de la bonne tenue des élections ont fini de convaincre l’opposant Odinga. Le scrutin ne pourrait être qu’une mascarade.

Pourtant, il a bien eu lieu. Et 98% des électeurs ont choisi Kenyatta. La participation, très faible – 38% contre 79% lors du premier scrutin en septembre –, n’a pas entamé la détermination du président élu. Il exclut tout nouveau scrutin. « Il n’y aura pas d’élection dans quatre-vingt-dix jours » a assuré le vice-président William Ruto. Le peuple a tranché. Et tant pis s’il a boycotté le scrutin. Après tout, 98%, ce n’est pas si extraordinaire. Ismail Omar Guelleh, le président de la République de Djibouti, avait obtenu un score imbattable : 100% des voix lors de l’élection présidentielle de 2005.

Quelques présidents africains « plébiscités » en 2016…

* Paul Kagamé — président du Rwanda — 98,63% des voix.

* Mahamadou Issoufou — président du Niger — 92% des voix

* Ismail Omar Guelleh — président de Djibouti – 86% des voix

* Jorge Carlos Fonseca — président du Cap-vert — 74% des voix