AZF : prison avec sursis pour l’ex-directeur du site

L’ancien directeur de l’usine chimique AZF est condamné à 15 mois de prison avec sursis, et la société exploitante à 225 000 euros d’amende. Ils annoncent se pourvoir en cassation.

Le 21 septembre 2001, l’usine AZF de Toulouse était détruite par l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium, faisant 31 personnes et 8000 personnes blessés. Seize ans après les faits, l’ancien directeur Serge Biechlin de l’usine et la société Grande Paroisse viennent d’être condamnés par la Cour d’appel de Paris.

Les hypothèses avancées par la défense, dont la piste d’un acte terroriste dix jours après l’attentat du 11 septembre, n’ont pas convaincu la justice. Jugé coupable de « négligences » et de « fautes caractérisées » à l’origine de la catastrophe, l’ex-directeur a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour « homicide involontaire ». L’entreprise Grande Paroisse, filiale du groupe pétrolier Total, a quant à elle reçu l’amende la plus élevée possible, d’un montant de 225 000 euros.

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La défense a très vite annoncé son pourvoi en cassation. « Il n’y a pas de preuve dans ce dossier: pas de preuve d’un attentat, mais pas de preuve non plus des négligences dont nous parle la Cour d’appel », a déclaré Daniel Soulez Larivière, avocat de l’ancien directeur et de Grande Paroisse. « En l’absence de preuve, on ne condamne pas.»

Au cours du premier procès de l’affaire, en 2009, l’homme et l’entreprise avaient été relaxés. Cependant, ils avaient été condamnés en appel en 2012 pour « pluralité de fautes caractérisées et graves ». Cette deuxième condamnation avait été annulée par la Cour de cassation, en raison d’un défaut d’impartialité d’un magistrat.