Pyramide de Khéops : découverte d’une cavité grande « comme un avion de 200 places »

Des scientifiques ont annoncé ce jeudi avoir découvert une immense cavité dans la célèbre pyramide de Khéops, l’une des sept merveilles du monde antique. Une découverte aussi exceptionnelle qu’inattendue.

4500 ans de secrets jalousement gardés. Et pourtant : l’un des mystères de la pyramide de Khéops a été levé cette semaine, éclaircissant l’histoire de l’un des endroits les plus énigmatiques au monde.

L’équipe scientifique sur place a découvert une cavité au cœur du monument funéraire de la pyramide. Une cavité tellement immense que Mehdi Tayoubi, co‐directeur de la mission scientifique ScanPyramids, la compare à « un avion de 200 places ».

« Rien n’a été touché depuis la construction »

L’espace est si spectaculaire que les scientifiques l’ont baptisé le « big void », le grand vide. Au moins 30 mètres de long, juste au‐dessus de la grande galerie, couloir de 8 mètres de haut et 47 mètres de long, qui conduit à la chambre du roi. « Le « grand vide » est totalement clos, rien n’a été touché depuis la construction de la pyramide », s’enthousiasme Kunihiro Morishima, chercheur japonais de la mission ScanPyramids, cité par l’AFP. Ce constat renforce l’exceptionnalité de la découverte… et la surprise des scientifiques.

Et pour cause. Les pyramides, Khéops comme d’autres, font l’objet de multiples théories, plus ou moins réalistes, comme notamment l’existence de chambres secrètes. Pourtant, jamais telle découverte n’avait été envisagée par les chercheurs et autres archéologues qui se sont succédés dans le monument : « aucune ne prédisait l’existence de quelque chose d’aussi grand », reconnaît Mehdi Tayoubi. La réalité a donc bel et bien dépassé les imaginations les plus fécondes…

Comprendre un bâtiment millénaire

Mais comment la mission ScanPyramids a‐t‐elle découvert une cavité si imposante, inconnue de tous pendant 4500 ans ? Sur place depuis 2015, l’équipe, composée de scientifiques canadiens, égyptiens, français, japonais, scrute le « ventre » de la pyramide de Khéops pour tenter de comprendre les techniques de construction, véritables prouesses architecturales, de ce monument millénaire.

Pour ne pas endommager le bâtiment, ScanPyramids utilise des technologies de pointe « non invasives » et plus précisément des muons.

Capture d’écran de la détection de particules cosmiques, ©SCANPYRAMIDS.

Lorsqu’elles entrent en contact avec la matière, ces particules cosmiques ralentissent puis s’arrêtent : en notant un excédent de particules, les scientifiques peuvent déduire l’existence d’un vide, comme dans le cas présent.

Nouvelles questions, nouveau mystère

Après cette découverte, des centaines de questions se bousculent : en premier lieu, comment expliquer ce vide ? Contient‐il quelque chose ?

Impossible pour les scientifiques de répondre pour le moment. Sur l’utilité de cet espace, Mehdi Tayoubi énumère plusieurs hypothèses : « une succession de chambres accolées les unes aux autres, un énorme couloir horizontal, une deuxième grande galerie… ». Difficile également d’identifier la présence éventuelle d’artefacts, « trop petits pour être détectés » par les technologies actuelles, précise Kunihiro Morishima.

Premier objectif donc, afin de percer les secrets du grand vide : trouver, en collaboration avec le CNRS et l’Inria, des équipements « relativement légers, non destructeurs » pour pouvoir sonder l’endroit, explique Mehdi Tayoubi.

Aux mystères de l’Histoire s’ajoutent donc des contraintes technologiques : l’assurance pour la pyramide de Khéops de préserver encore bien des secrets.

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