Après 30 années d’existence, la recette du Téléthon marche toujours

Le marathon télévisuel contre les myopathies démarre vendredi. Malgré 30 années d’existence, le mastodonte résiste à la baisse du nombre de donateurs et a permis d’appréciables avancées scientifiques.

Sophie Davant et Nagui donneront vendredi le coup d’envoi du 31ème Téléthon, avec la chanteuse Zazie comme marraine. Pendant 30 heures, en direct sur France 2 et France 3, les téléspectateurs suivront différents “exploits”. Nathan Paulin, champion du monde de slackline, une forme de funambulisme, tentera de rejoindre le Trocadéro à partir de la Tour Eiffel perché sur un fil. Une traversée de 670 mètres.

Du côté de la Corrèze, la section locale de l’Association des familles contre les myopathies (AFM) essaiera de tricoter une écharpe de 79 km de long. Ces divertissements ont pour objectif d’inciter les téléspectateurs à faire un don. Depuis une dizaine d’années, le Téléthon peine à se hisser à son plus haut niveau atteint : les 106 millions d’euros récoltés en 2006. La barre des 100 millions n’a plus été franchie depuis 2009.

Un direct sur les réseaux sociaux

Le Téléthon n’est pas le seul à subir ce recul. Toutes opérations confondues, les dons stagnent aux alentours de 2,5 milliards d’euros, selon le réseau Recherches et solidarités. Les retraités, dont les revenus baissent, donnent moins. Les moins de 30 ans sont plus généreux que leurs aînés proportionnellement à leurs revenus, mais ils gagnent moins.

Face à ce rajeunissement des donateurs, l’AFM-Téléthon a décidé d’investir le numérique : les 30 heures de direct sur France Télévisions sont déclinées sur les réseaux sociaux. Dans la “buzz room”, des Youtubeurs comme Hugo tout seul et Mister V se relaieront dans de courtes vidéos. Le Speed Run à Bourg-la- Reine (Hauts-de- Seine), renommée Bourg-la- Run pour l’occasion, verra se succéder plusieurs joueurs de jeux vidéos.

Sur la page “Les youtubeuses se bougent pour le Téléthon”, des “influenceuses” inciteront les internautes à sortir leur carte de crédit. “Depuis longtemps l’AFM est présente sur les réseaux sociaux mais cette année c’est la première fois qu’on a un dispositif numérique de cette ampleur ”, se félicite Claire Schiller, directrice du développement des ressources de l’AFM-Téléthon.

Plusieurs avancées scientifiques

Les dons récoltés lors du Téléthon financent à 70% la recherche scientifique sur les maladies géniques, selon l’AFM. “Cette année on a réalisé de gros essais sur l’homme pour la myopathie de Duchenne”, explique Jeanne Pelat, ancienne ambassadrice du Téléthon.

Cette maladie, qui touche principalement les garçons, se caractérise par une dégénérescence musculaire. Des tests menés, entre autres, par les laboratoires de l’AFM-Téléthon ont permis de trouver un moyen de contrer la mutation du gène à l’origine de la maladie.

Autre avancée : une nouvelle molécule a récemment été identifiée pour traiter la progéria, une maladie génétique extrêmement rare provoquant un vieillissement prématuré et accéléré dès la naissance. Des progrès scientifiques qui donnent de “l’espoir” alors qu’il y a 40 ans, “quand on était atteint d’une maladie génétique rare, les médecins disaient qu’il ne fallait pas trop s’attacher à son enfant myopathe”, rappelle Jeanne Pelat.