Élections en Corse : que veulent les nationalistes, favoris du scrutin ?

Langue corse, statut, loi d’amnistie... Les nationalistes corses, assurés de l'emporter ce dimanche au second tour des élections territoriales, comptent bien poser leurs conditions à Paris.

Autonomie, langue corse, statut de résident corse… Les nationalistes corses, qui ont terminé largement en tête du premier tour des élections territoriales dimanche dernier, comptent bien capitaliser sur ce succès pour pousser leurs revendications à Paris.

Si l’indépendance ne figure pas parmi leurs demandes, comme l’a rappelé le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui estime que “l’idée indépendantiste est toujours minoritaire” au lendemain du premier tour, ils souhaitent davantage d’autonomie. Passage en revue de leurs principales revendications.

Davantage de pouvoir politique

Les nationalistes souhaitent pouvoir adapter les lois et règles en vigueur en Corse, dans des domaines autres que le régalien (justice, sécurité etc.).

La co-officialité de langue corse

Ils souhaitent que la langue corse soit reconnue sur l’île à un niveau équivalent à langue française.

Un statut différent pour les Corses

Pour éviter que des Français du “continent” ne s’emparent de nombreuses propriétés corses et lutter contre la “dépossession immobilière”, les nationalistes souhaitent établir un statut de résident. Toute personne, après cinq ans passés sur l’île, pourrait être prioritaire pour l’acquisition d’un terrain, mais aussi d’un logement ou d’un emploi.

Une loi d’amnistie pour les “prisonniers politiques”

Les nationalistes considèrent qu’un certain nombre de personnes corses retenues dans des prisons françaises sont des “prisonniers politiques”, une expression que le gouvernement français rejette. “Sur le principe, nous n’excluons aucun fait du périmètre de la loi d’amnistie”, a expliqué le leader autonomiste Gilles Simeoni sur Europe 1. La solution intermédiaire pourrait être de détenir les prisonniers corses dans des prisons plus proches de l’île, pour faciliter les trajets des familles, souvent très longs, lors de leurs visites.

Des revendications inconstitutionnelles ?

Plusieurs de ces demandes semblent en contradiction avec la Constitution française qui “assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion”, et stipule que “la langue de la République est le français.” Pas de quoi décourager les autonomistes : la Constitution “a déjà été modifiée plusieurs fois ces dernières années, a indiqué Gilles Simeoni. Si une Constitution ne permet pas de reconnaître un peuple, c’est à la Constitution de changer, pas au peuple de disparaître.”

Les résultats du second tour de l’élection seront connus dimanche 10 décembre à 20h.