Présidence des Républicains : les profils des trois candidats

Trois candidats et trois parcours différents pour une seule place à la présidence des Républicains. Qui de Maël de Calan, Florence Portelli ou Laurent Wauquiez gagnera dimanche soir ? Portrait des trois candidats.

Laurent Wauquiez, la droite décomplexée

Face à l’ex-filloniste Florence Portelli et au juppéiste Maël de Calan, Laurent Wauquiez est le favori pour remporter l’élection à la tête des Républicains, dimanche prochain. Le président du conseil régional d’Augerne-Rhône-Alpes cultive plus que tout son ancrage local.

Une jeunesse parisienne

L’enfant du plateau du Chambon-sur-Lignon tente toujours d’effacer son adolescence passée dans les beaux quartiers parisiens du 7ème arrondissement. Normalien, diplômé de Sciences Po Paris, major de l’ENA, Laurent Wauquiez enchaîne les concours. Le Lyonnais de naissance habite à l’époque rue de Vaneau, au coeur du quartier des ministères. Selon le journal Le Monde, Laurent Wauquiez a même eu recours à un coach vocal afin de retrouver son cher accent de Haute-Loire.

Malgré cette jeunesse parisienne, Laurent Wauquiez ne manque pas une occasion de défendre son image d’homme des campagnes, défenseur de la province et des produits du terroir. Il prend toujours bien soin d’accentuer les différences entre d’un côté Paris et le reste de l’Hexagone.

Une communication débordante

Les pieds sur terre, face à la mer. Facebook personnel de Laurent Wauquiez.

Coach vocal, parka rouge tape à l’oeil et intérêt profond pour la maîtrise de sa communication. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez est alors secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi. Selon le Monde, il aurait versé 305 937 euros à l’institut de Giacometti-Péron, un cabinet célèbre de conseil en communication. Attentifs à ses prestations dans les médias, il aurait également demandé les services de Médiascopie pour un montant de 36 477 euros afin de débriefer ses passages médiatiques.

Sa vision politique : à droite toute

Alors que Nicolas Sarkozy rompt brutalement avec l’ancien journaliste de Minute, Laurent Wauquiez continue de consulter Patrick Buisson. Son intérêt ? “Agiter des idées susceptibles de capter l’électorat du FN” a déclaré l’ancien député de la Haute-Loire au Monde.

Fervent catholique, opposé au mariage des couples homosexuels, Laurent Wauquiez a témoigné de sa solidarité avec les foules de la Manif pour tous et flirte avec les questions identitaires et eurosceptiques. Pour se faire, il n’hésite pas à reprendre des thèmes chers au Front National. Sa campagne droitière pour la présidence des Républicains a divisé au sein même de son propre camp…jusqu’à l’éclatement de LR après sa probable élection ?

Maël de Calan, le challenger modéré

Ancien porte-parole d’Alain Juppé, le benjamin de l’élection représente la droite modérée et a reçu le soutien de son mentor. “Je ne fais pas campagne dans le cadre de cette élection à la présidence de LR et je n’ai pas d’appel à lancer. Mais à titre personnel, mon choix est fait et je lui apporterai donc mon suffrage”, a déclaré le maire de Bordeaux.

Battu aux élections législatives

Malgré sa défaite aux législatives de juin dernier, Maël de Calan est toujours décidé à changer les choses à droite.

Ses logiciels de pointe pour analyser l’électorat commune par commune n’auront rien donné. Les élections législatives de juin dernier ont été un cauchemar pour Maël de Calan et ses équipes. Candidat dans la 4ème circonscription du Finistère, il a été devancé par Sandrine Le Feur, la candidate d’En Marche. Une défaite, pour mieux se préparer à un nouveau défi : la présidence de LR.

Trentenaire, le conseiller départemental du Finistère a un seul objectif : “défendre une droite européenne, sociale et pas identitaire”, comme il l’a expliqué à Europe 1. Bien conscient du peu de chance qu’il a de remporter l’élection, Maël de Calan n’a pas moins la pression de réaliser un bon résultat. Son score sera scruté et analysé car il pourrait bien avoir des conséquences sur l’avenir de son courant, tiraillé entre un ralliement à LREM et une reconstruction totale de la droite.

Lutte contre le FN et la droite contestataire

L’an dernier, le protégé de Juppé a publié un livre intitulé “La vérité sur le programme du Front national”. Un ouvrage coup de poing, dans lequel il dénonce un projet économique “plus à gauche que Mélenchon”. Il qualifie le programme frontiste de “festival d’incohérence”. Il entend bien faire barrage à la droite contestataire, transgressive et clivante incarnée par Laurent Wauquiez.

Florence Portelli, “la candidate de personne”

Porte-parole de François Fillon lors de la campagne présidentielle, le slogan de Florence Portelli pour cette élection à la tête des Républicains est clair : “redonner sa fierté à la droite”. Diplômée de l’Institut de criminologie, elle attache une importance particulière à la culture. Nicolas Sarkozy l’avait nommée responsable culture de LR et Valérie Pécresse, désignée à la présidence de l’orchestre national d’Île-de-France.

Une jeunesse militante

C’est lors de la campagne de ratification du traité de Maastricht que Florence Portelli découvre Philippe Seguin. Figure de proue des anti-Maastricht, elle se reconnait dans son respect de la tradition gaulliste. A 13 ans, elle est dans la rue à coller les affiches frappée du slogan “Liberté, je chéris ton non”. Elle commence à véritablement militer à l’âge de 18 ans au RPR et prend la tête des jeunes de la section du Val d’Oise. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à déclarer aux Echos que “la droite est en crise idéologique depuis les années 1990.” La faute à Jacques Chirac, selon elle, qui a préféré nommer Alain Juppé au poste de Premier ministre, plutôt que son mentor Philippe Seguin.

“Payé à tricoter”

Juriste de formation, l’élue du Val-d’Oise entend bien faire entendre sa voix. En plein “Penelopegate” lors de la campagne de 2017, au moment où François Fillon était pris dans la tourmente des emplois fictifs attribués à sa femme, Florence Portelli a défendu sans relâche son candidat, et avait même affirmé sur BFMTV qu’un assistant parlementaire pouvait même être “payé à tricoter”.

Lors du rassemblement de la dernière chance de François Fillon au Trocadéro, elle boude l’événement, “gênée par les slogans anti-magistrats et anti-journalistes” déclare-t-elle à l’Express le 31 août 2017. L’hebdomadaire Valeurs actuelles avait même présenté le rassemblement comme une manifestation contre les juges.  “Sens commun”, l’émanation politique de la Manif pour tous, s’était également associé à ce grand meeting, entrainant une série de défections autour du candidat Fillon.

Faisant partie du cercle des fidèles de l’ancien Premier ministre, Florence Portelli espère pouvoir compter sur la base militante de l’ancien candidat à l’élection présidentielle.