Procès : Georges Tron sur le pied de guerre

Le procès de Georges Tron, maire LR de Draveil (Essonne), et de son ancienne adjointe à la Culture Brigitte Gruel, accusés de “viols et agressions sexuelles”, débute aujourd’hui aux assises de Bobigny. L’ancien secrétaire d’Etat à la Fonction publique, adepte de “réflexologie plantaire”, clame son innocence.

Jusqu’à présent, j’ai été pudique, mais au cours de ce procès, je vais balancer moi aussi.” Georges Tron, ancien secrétaire d’Etat à la Fonction publique, promet une contre-attaque dans un entretien accordé le week-end dernier au Journal du dimanche. Le procès du maire Les Républicains de Draveil (Essonne) pour “viols et agressions sexuelles” débute ce mardi devant la cour d’assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il comparaît aux côtés de Brigitte Gruel, son ancienne adjointe à la Culture, accusée des mêmes faits, qui auraient été commis entre 2007 et 2010.

Le maire adepte de massages plantaires

Les plaignantes “déclarent avoir été gênées par ma pratique de la réflexologie” reconnaît Georges Tron, à propos d’un hobby qu’il pratiquerait depuis vingt-cinq ans. Mais le maire de Draveil l’affirme, il n’est pas “fétichiste des pieds”. Ses “patientes” n’étaient d’ailleurs pas toutes de sexe féminin. “Le terme est impropre puisqu’il y avait des hommes entre 24 et 75 ans et des physiques très différents !

Quarante femmes au total accusent pourtant l’ancien député de leur avoir imposé un massage. Des séances de tripotage plantaire qui auraient, selon elles, dégénérées en agressions sexuelles. Virginie Faux et Eva Loubrieu, deux de ses anciennes employées municipales, ont déposé plainte en mai 2011 pour “viols et agressions sexuelles” à l’encontre de leur ancien supérieur et de son adjointe à la Culture Brigitte Gruel.

L’affaire, révélée dix jours après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle à New York, entraîne la démission de Georges Tron de son poste de secrétaire d’Etat à la Fonction publique. Battu aux législatives de 2012, Georges Tron parle d’un “complot politique” ourdi par l’extrême-droite. Il est toujours sur la même ligne aujourd’hui.

Du non-lieu aux assises de Bobigny

La longue bataille judiciaire a été marquée par un non-lieu prononcé par la chambre de l’instruction d’Evry, le témoignage des jeunes femmes ne permettant pas, d’après les juges, de “caractériser suffisamment les infractions”. Les plaignantes ont fait appel. En 2014, coup de théâtre, la cour d’appel de Paris leur donne raison et renvoie Georges Tron devant les assises. L’instance ajoute que les plaignantes ont subi des pressions qui expliquent que leurs témoignages paraissaient approximatifs.

L’accusé continue aujourd’hui d’affirmer son innocence et celle de son ancienne collaboratrice : “Je n’ai jamais agressé et encore moins violé qui que ce soit”, assure-t-il dans le Journal du dimanche. Le maire retourne les accusations contre les plaignantes. Selon lui, Virginie Faux aurait “saisi les parties génitales d’un de [ses] adjoints” et se serait “fortement alcoolisée” au cours d’une réception organisée à la mairie.

En raison de la qualité de “personnalité locale” de Georges Tron qui pourrait entacher la “sérénité des débats” à l’audience selon le parquet général, le procès se tient à Bobigny et non dans l’Essonne. Le verdict est attendu le 22 décembre.