“Make our planet great again” : qui sont les 18 chercheurs retenus ?

Au terme d'un processus de sélection qui a duré six mois, 18 chercheurs étrangers sur les 255 qui ont déposé un dossier ont été retenus pour venir s'installer et travailler en France.

Applaudissements, selfies, serrages de mains… Emmanuel Macron a salué et félicité en grande pompe, lundi 11 décembre, les 18 chercheurs qui ont été retenus dans le cadre du projet “Make our planet great again”, mis en place en juin dernier, après l’annonce de Donald Trump de son retrait de l’accord de la COP 21. “Merci pour votre décision de venir à Paris”, leur a notamment dit le président français. Ce dernier avait lancé un appel aux entreprises et aux scientifiques du monde entier pour travailler en France sur le réchauffement climatique.

Ces 18 chercheurs, tous étrangers (voir la liste en bas de l’article), font partie des centaines qui avaient déposé un dossier pour venir s’installer en France. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), chargé de l’étude des candidatures, en avait retenu 255 éligibles, avant de sélectionner uniquement sept femmes et onze hommes originaires de six pays. Parmi les 18 projets retenus, 13 proviennent des États-Unis.

“Des installations vraiment uniques”

Camille Parmesan, une chercheuse américaine, travaille à l’université de Plymouth (Royaume-Uni). Elle explique au magazine “Science” que “ce projet est une formidable réponse à la décision de Trump de se retirer de l’accord sur le climat”. Spécialisée dans l’étude des impacts du réchauffement climatique sur les espèces, elle va intégrer un centre spécialisé dans l’écologie à Moulis (Ariège). La subvention de 1,5 million d’euros, financée pour moitié par le laboratoire qui l’accueille et par le Commissariat général de l’investissement (CGI), lui offre une “opportunité [qu’elle] attendait depuis longtemps”. La France “possède des installations vraiment uniques” qui pourront l’aider dans son travail, ajoute-t-elle, enthousiaste.

Alessandra Giannini est une scientifique italienne qui travaille depuis 2003 à l’université Columbia, à New York. Elle se réjouit de “la possibilité de vraiment se concentrer sur la recherche” plutôt que sur la façon de se financer. Elle va rejoindre deux laboratoires de météorologie et d’océanographie à Paris mais considère cependant que ce changement de lieu de travail “ne représente pas quelque chose de drastique, car la communauté scientifique est mondiale et nous travaillons tous sur les même sujets”.

Nouvelle sélection au printemps

Une troisième lauréate est l’espagnole Nuria Teixido, spécialisée dans la biologie marine. Installée jusqu’alors à l’Université de Stanford à Palo Alto, en Californie, elle s’apprête à poser ses bagages à l’observatoire de l’océan de Villefranche-sur-mer (Alpes-Maritimes) où elle compte bien “étendre ses recherches sur l’effet de l’acidification des océans sur les espèces marines”.

Une deuxième phase de sélection aura lieu au printemps 2018. L’Allemagne, qui s’est depuis jointe au projet initié par le France, participera au choix des dossiers et proposera une animation scientifique conjointe.

Les 18 lauréats :

  • Violoniste Balaji, de l’université de Princeton au laboratoire des Sciences du climat et environnementales à Saclay.
  • Frédéric Bouchard, de l’université de Montréal au Canada vers le laboratoire en géosciences de Paris-Sud à Saclay.
  • Julien Boucharel, de l’université d’Hawaii à Honolulu au laboratoire d’études géophysique et océanographique à Toulouse.
  • Virginie Guemas, du “Supercomputing Center” de Barcelone en Espagne au Centre national de recherche en météorologie à Toulouse.
  • Nuria Teixido, de l’université de Stanford à Palo Alto, en Californie, vers le Laboratoire océanographique de Villefranche.
  • Louis Derry, de l’université Cornell à l’Institut de physique du Globe de Paris.
  • Barbara Ervens, de l’administration atmosphérique de Boulder, au Colorado, à l’institut de chimie de Clermont-Ferrand.
  • Joost de Gouw, de l’université du Colorado à Boulder à l’institut de recherche sur l’environnement de Lyon.
  • Delphine Renard, de l’université de Santa Barbara, en Californie, vers le Centre de biologie fonctionnelle et évolutive à Montpellier.
  • Alessandra Giannini, de l’université de Columbia au laboratoire de météorologie dynamique à Paris.
  • Thomas Lauvaux, de l’université de Pennsylvanie au laboratoire des Sciences du climat et environnementales à Saclay.
  • Vincent Vadez, du groupe consultatif pour la recherche agricole internationale à New Delhi vers le groupe de recherche sur la biodiversité végétale et à Montpellier.
  • Christopher Cantrell, de l’université Colorado à Boulder vers le laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphériques à Créteil.
  • Camille Parmesan, de l’université de Plymouth, au Royaume-Uni, à la Station pour l’écologie théorique et expérimentale de Moulis.
  • Benjamin Sanderson, de l’administration atmosphérique de Boulder, au Colorado, au laboratoire sur le climat et l’environnement de Toulouse.
  • Philip Schulz, du Laboratoire national sur les énergies renouvelables à Golden, au Colorado, à l’Institut de recherche et du développement pour l’énergie photovoltaïque à Paris.
  • Lorie Hamelin, de l’institut des sciences et de la culture des plantes de Pulawy, en Pologne, vers le laboratoire des systèmes biologiques à Toulouse.
  • Giuliano Giambastiani, du Conseil sur la ressource nationale italienne à Rome à l’Institut de chimie pour l’énergie, l’environnement et la santé à Strasbourg.