“On est en train de perdre la bataille” contre le réchauffement climatique, avertit Macron

Pour le One Planet Summit des dizaines de chefs d'Etats se sont réunis mardi 11 décembre dans la capitale française. L'occasion pour Emmanuel Macron, en ce second anniversaire des accords de Paris sur le climat, d'appeler les autres dirigeants à "mettre en œuvre des actions concrètes qui vont changer nos pays"

“On est en train de perdre la bataille” contre le réchauffement climatique, a averti Emmanuel Macron ce mardi. Le président a pris la parole devant des dizaines de dirigeants mondiaux lors du One Planet Summit organisé à Paris à l’occasion du deuxième anniversaire des accords de Paris sur le climat.

Ce sommet appelle à la mobilisation des entreprises et institutions internationales qui ont promis de se détourner des énergies fossiles. “L’urgence est devenue permanente et le défi de notre génération est d’agir plus vite et gagner cette bataille contre le temps, cette bataille contre la fatalité”. Aussi, l’hôte du sommet encourage vivement son auditoire à “mettre en œuvre des actions concrètes qui vont changer nos pays, nos sociétés, nos économies”. 

Relever le défi du changement climatique

“Le défi [du changement climatique] est immense, nous devons tout faire pour le relever”, a souligné le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, président de la COP23.

La tenue de ce sommet avait été décidée par Emmanuel Macron après que le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du pacte historique signé au sortir de la COP21. Il vise à contenir la hausse moyenne de la température sous le seuil critique de 2°C. Sur la base des engagements pris par les 196 signataires, la Terre semble toujours se diriger vers une hausse de 3°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

“Bientôt trop tard”

Les êtres humains et le monde naturel sont sur une trajectoire de collision”, avaient mis en garde près de 15 000 scientifiques de 184 pays dans une tribune publiée le 13 novembre dans la revue scientifique BioScience. “Il sera bientôt trop tard”, ont-ils alerté. Un constat alarmant partagé par M. Macron, dans un entretien accordé au journal Le Monde, qui se réjouit “que ce constat soit de moins en moins contesté”.

Mais des changements et investissements majeurs seront nécessaires pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Si le chef de l’Etat reconnaît dans ce même entretien au Monde que le “système des conférences climat [les COP] présente un intérêt diplomatique et [qui] a le mérite de placer les acteurs gouvernementaux sous tension”, il appelle désormais à “passer à l’étape d’après, en réorientant les flux vers un modèle productif différent et en transformant les comportements”.

Emmanuel Macron a enjoint les institutions et chefs d’Etats à de profonds changements afin de se désengager des énergies fossiles. AP/Etienne Laurent

En réponse aux appels à se désengager des hydrocarbures, la Banque mondiale a annoncé qu’elle arrêterait de financer l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019, sauf “circonstances exceptionnelles”.

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Le président américain Donald Trump, qui n’était pas convié à ce sommet, a été la cible de violentes critiques. Juste avant la réunion, M. Macron l’avait vertement interpellé dans une interview à la chaîne américaine CBS sur sa “responsabilité face à l’Histoire”. Il s’est cependant dit “assez certain” que M. Trump allait “changer d’avis dans les mois ou les années à venir”. L’ancien secrétaire d’Etat John Kerry, a profité du sommet pour qualifier le retrait américain des accords de Paris de “honte” et “décision auto-destructrice prise dans un but politique”.