Qui est Jacqueline Gourault, la “Madame Corse” du gouvernement ?

Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a hérité mardi 12 décembre du dossier Corse, suite aux élections territoriales de l'île de beauté, dont les nationalistes sont sortis victorieux. Focus sur cette femme de Gouvernement aux missions sibyllines, experte des collectivités.

Suite à la victoire des nationalistes corses lors des élections territoriales dimanche, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, a hérité du dossier de l’île de Beauté. Interlocutrice privilégiée des vainqueurs, elle devra faire avec une Corse nouvelle au niveau politique, qui ne comportera plus deux départements plus une collectivité, mais une seule et même entité. La mesure s’appliquera dès janvier 2018, dans le cadre de la loi NOTRe sur les territoires. Selon une source gouvernementale, le choix s’est naturellement porté sur Jacqueline Gourault considérée comme “une femme de dialogue, qui connaît bien les enjeux des collectivités.”

Après les migrants et les collectivités territoriales: la Corse

Son poste de ministre a été créé par Edouard Philippe et Emmanuel Macron, qu’elle a parrainé pour l’élection présidentielle. Le président de la République avait alors précisé en juin dernier, au moment de constituer son équipe, que les ministres sans attribution avaient “vocation à être les adjoints des ministres auprès desquels ils sont nommés.” Si personne n’avait d’informations précises sur son portefeuille à l’Intérieur, Le Monde, qui s’est penché sur la question, rapporte qu’elle s’est “investie sur la thématique migratoire et celle des collectivités locales,” avant de s’occuper dès le 12 décembre du suivi de la situation en Corse. Elle même confiait quatre mois après son entrée au gouvernement au magazine civique du ministère de l’Intérieur qu’elle était “prête à assumer tout dossier en lien avec le ministère, avec les collectivités comme thème de prédilection.”

LIRE AUSSI
Victoire des nationalistes : qu’est-ce qui va changer pour les Corses ?

Des cours d’histoire à la mairie de La-Chaussée-Saint-Victor

Même si son nom n’est pas le plus connu parmi les nouveaux du gouvernement, Jacqueline Gourault n’est pas une débutante en politique. Ses premières armes, cette giscardienne de la première heure les a faites lors de la campagne présidentielle de 1974. Avant cette entrée sur la scène publique, Jacqueline Gourault était professeur d’histoire-géographie au collège, dans son Loir-et-Cher natal.

C’est à La-Chaussée-Saint-Victor qu’elle remplit son premier mandat d’abord de conseillère municipale, puis de maire. Elle assumera ces fonctions pendant plus de 25 ans de 1988 à 2014. Cette longue carrière en politique locale la rend d’autant plus légitime en tant qu’experte des collectivités auprès de Gérard Collomb.

Sénatrice MoDem puis proche de Juppé

Mais dans les années 90, la femme politique veut sortir de sa commune. Elle tente alors une percée infructueuse pendant les législatives face à Jack Lang en 1993. Loin de rester sur un échec, elle embrasse le MoDem, fidèle soutien de François Bayrou, dès la genèse du parti en 2007. Oubliée la défaite de 93, en 2001 elle brigue un mandat de sénatrice du Loir-et-Cher, et sera réélue sous la bannière du Centre en 2011.

Sa préférence semble toujours avoir oscillé entre centre et droite. En 2016, au moment de la primaire des Républicains, c’est vers la campagne d’Alain Juppé, maire de Bordeaux, qu’elle se tourne. Après ce virage à droite, la centriste appuie Emmanuel Macron pour la présidentielle.

Jacqueline Gourault a récemment quitté ses fonctions parlementaires en raison de son entrée au gouvernement, en novembre 2017. Avec sa nouvelle mission dont les contours restent à préciser, “Madame Corse” brandit sa seconde identité, celle de Madame collectivités au sein du gouvernement.