Défaite d’un sénateur républicain dans l’Alabama, revers pour Donald Trump

Le candidat démocrate Doug Jones vient d'être élu sénateur de l'Alabama, terre du parti républicain depuis 25 ans. Cette victoire face à l'ultra-conservateur Roy Moore, rattrapé par des accusations d'attouchements sexuels sur mineure, est un revers personnel et politique pour Donald Trump.

Le battement d’ailes d’un papillon en Alabama peut‐il provoquer une tornade à Washington ? Donald Trump va rapidement le découvrir. Cet État du Sud‐Ouest des États‐Unis, bastion historique du parti républicain du président, vient d’élire un sénateur démocrate, Doug Jones. Ce n’était pas arrivé depuis 25 ans. Roy Moore, le candidat républicain, a refusé de reconnaître sa défaite dans un premier temps, jugeant les résultats trop serrés pour en tirer des conclusions. Donald Trump n’a pas attendu pour concéder cette défaite, sur twitter.

Ce coup de théâtre est un véritable revers pour Donald Trump, qui s’était personnellement investi dans la campagne du candidat républicain. “Doug Jones est pro‐avortement, faible sur la délinquance, l’armée et l’immigration, mauvais pour les armes et les vétérans et le mur”, dénonçait le président américain au moment du vote. Mais début novembre, la virulente campagne du candidat ultra‐conservateur connaît un coup d’arrêt. Roy Moore est accusée d’attouchements sur deux mineures en 1970. Des faits que contestent le républicain, mais qui viennent s’ajouter à une réputation déjà écornée par des positions extrêmes.

Ce véritable séisme politique n’est cependant pas uniquement symbolique. Il est également lourd d’enjeux pour le président, qui jouit depuis son accession au pouvoir d’une forte majorité à la chambre des représentants mais d’une supériorité bien moins prononcée au Sénat. Avec ce vote, sa majorité ne tient plus qu’à un siège, puisque la chambre haute compte maintenant 51 élus républicains contre 49 démocrates. Les prochaines élections, qui renouvelleront 33 sénateurs, dont 8 républicains, constituent un enjeu majeur pour Donald Trump. Même majoritairement acquis à sa cause, le Sénat a déjà mis, à plusieurs reprises, des bâtons dans les roues du président. S’il devait perdre sa majorité ici, sa situation deviendrait bien plus inconfortable.