Sport

Froome contrôlé positif : le Salbutamol, une substance à l’usage très encadré

Chris Froom a fait l'objet d'un contrôle positif au Salbutamol. On vous dit tout de cette substance retrouvée en trop grande quantité dans ses urines.

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Un bouleversement dans le monde du cyclisme international. Les quotidiens Le Monde et The Guardian ont révélé ce mercredi que Chris Froome, le quadruple vainqueur du Tour de France, a fait l’objet d’un contrôle antidopage “anormal” lors de la dernière Vuelta, le tour d’Espagne. En cause : un taux élevé de Salbutamol.

Le Salbutamol c’est quoi ?

Principe actif de la ventoline, médicament utilisé pour le traitement de l’asthme, le salbutamol est un bronchodilatateur à courte durée d’action. Il est utilisé dans le soulagement des bronchospasmes pouvant apparaître lors de crises d’asthme aigües.

Il est administré sous la forme d’inhalation, ce qui procure un effet direct sur les muscles lisses des bronches.

Si la Ventoline, nom courant du salbutamol, sert le plus souvent à traiter l’asthme, en tant que stimulant de l’appareil respiratoire, elle présente à haute dose des effets anabolisants, c’est à dire l’augmentation de la masse musculaire et la diminution de la graisse corporelle.

Quel est le dosage autorisé ?

La dose maximale autorisée est de 1 600 microgrammes toutes les vingt-quatre heures, avec un maximum de 800 microgrammes toutes les douze heures. La concentration de salbutamol dans l’urine de l’athlète ne peut en aucun cas excéder 1 000 nanogrammes par millilitre.

Dans le cas de Froome, la concentration atteint le double de ce qui est autorisé, selon les chiffres publiées par son équipe Sky qui relève aussi qu’aucun des autres vingt contrôles effectués pendant la course n’a donné de résultat supérieur au seuil.

Au-delà de 1000 nanogrammes par millilitre, le sportif doit prouver “par une étude de pharmacocinétique contrôlée que ce résultat anormal est bien la conséquence de l’usage d’une dose thérapeutique (par inhalation)”, précise le règlement antidopage.

Que répond le coureur ?

Dans un communiqué, le Britannique a assuré avoir “suivi les conseils du médecin de l’équipe” Sky pour augmenter son dosage face à une aggravation de son asthme.

“Mon asthme s’est accentué durant la Vuelta, donc j’ai suivi les conseils du médecin de l’équipe pour augmenter mes doses de salbutamol. Comme toujours, j’ai pris les plus grandes précautions pour faire en sorte de ne pas dépasser la dose permise”, assure le coureur.

Quels sont les précédents ?

Diego Ulissi et Alessandro Petacchi.

Seul le cycliste italien Diego Ulissi s’est approché des taux présentés par Christopher Froome, avec 1900 nanogrammes par millilitres. C’était en mai 2014 et l’italien avait été suspendu neuf mois. Sept ans plus tôt, la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS) fut plus lourde pour son compatriote Alessandro Petacchi : un an de suspension de toutes compétitions.

L’affaire Froome rappelle aussi celle dans les années 1990 de l’Espagnol Miguel Indurain, autre vainqueur du Tour de France appelé à justifier un contrôle antidopage “anormal”. En 1994 Indurain venait de remporter son quatrième Tour de France… comme Froome. A la fin de l’été, il devait s’expliquer sur un contrôle datant du mois de mai précédent à l’occasion du Tour de l’Oise, une simple course de préparation au Tour. A cause, déjà, du salbutamol.

Indurain avait comparu devant la commission de discipline de la Fédération française qui était en charge du dossier et avait été innocenté.

En 2008, à Pékin, pendant les Jeux Olympiques, 658 athlètes avaient obtenu une autorisation pour l’inhalation de Salbutamol. Un peu plus de 6% des participants.

 

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