Politique

Association des maires de France : pourquoi ça coince avec le gouvernement ?

L’AMF ne sera présente “qu’à titre d’observateur” à la conférence nationale des territoires, alors qu’un bras de fer est engagé depuis la rentrée avec l’exécutif.

Pour l’Association des maires de France (AMF), qui avait accueilli MM. Macron et Philippe fin novembre à son congrès, « aucun pacte de confiance n’est aujourd’hui envisageable » avec l’État. Son président François Baroin ne sera pas présent à la conférence nationale des territoires qui se tient ce jeudi 14 décembre à Cahors. Cela fait plusieurs mois que des tensions persistent entre l’exécutif et les collectivités.

Qu’est-ce que l’AMF ?

L’Association des maires de France est créée en 1907 par le maire de Nantes de l’époque, Paul-Émile Sarradin, suite à un compromis avec les pouvoirs publics. Le rôle de l’association est de faciliter le dialogue entre l’exécutif au niveau national et les pouvoirs locaux. Initialement constituée pour et par les grandes villes, elle s’est élargie progressivement aux communes plus petites.

Pourquoi boude-t-elle la conférence de Cahors ?

L’AMF ne sera représentée jeudi à Cahors qu’”à titre d’observateur” et son président, François Baroin (LR), ne sera pas là. Jusqu’ici, il était réticent à la politique de la “chaise vide”. Lors du 100ème Congrès de l’association qui s’est tenu fin novembre, il avait souhaité “[alerter] solennellement l’État sur le risque de rupture”. En cause,“le mépris social et territorial [avec lequel] le gouvernement orchestre la reprise en main technocratique des collectivités locales par une élite sachante”, selon les mots de l’élu François Kalfon (Parti socialiste, PS). Dès son arrivée à Cahors mercredi soir, Edouad Philippe a déclaré qu’il n’y avait “pas de relation de défiance” entre le gouvernement et les élus, “bien au contraire.”

Depuis le mois d’octobre, les rendez-vous se sont multipliés entre les représentants des élus locaux et l’exécutif, au niveau ministériel, avec le premier ministre et le chef de l’État. La délocalisation du cabinet de Matignon à Cahors vise à “aller vers les Français, vers ceux qui vivent ici, pour essayer de mieux comprendre leurs attentes”,  selon Edouard Philippe. Mais les collectivités territoriales, méfiantes, s’estiment toujours lésées. Elle souhaiteraient obtenir plus de considération de la part d’un exécutif jugé “méprisant”.