International

Birmanie : au moins 6700 Rohingyas tués selon MSF

Entre fin août et fin septembre 2017, l’organisation médecins sans frontières estime à 6 700 le nombre de morts parmi la communauté des Rohingyas lors d’une opération de l’armée birmane.

Au moins 6 700 Rohingyas ont été tués entre août et septembre 2017 lors d’une opération de l’armée birmane, selon médecins sans frontières (MSF). L’estimation, publiée par MSF jeudi 13 décembre, pourrait être sous-évaluée. Ces chiffres ne représentent “que” le premier mois de conflit. Les Nations unies n’ont jamais publié de chiffres à ce sujet. 640 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh depuis le début des violences. Cela représente plus de la moitié de cette communauté musulmane vivant principalement dans l’État de Rakhine, dans l’Ouest de la Birmanie.

L’ONG a interrogé plus de 11 000 réfugiés pour parvenir à ces chiffres. On peut lire dans le rapport : “Les études montrent qu’au moins 71,7% des décès sont dus à la violence, y compris parmi les enfants de moins de cinq ans. Cela représente au moins 6 700 personnes, dont 730 enfants”. Parmi les détails sordides du rapport, MSF fait savoir que 69% ont été tuées par balles, 9% par des brûlures mortelles ou encore 5% lors de passages à tabac.

Ce rapport contredit totalement l’armée birmane, qui a rendu mi-novembre une enquête interne : “Les soldats n’ont pas commis de violences sexuelles ni tué des civils. Ils n’ont pas arrêté, battu ou tué de villageois”. Les militaires se basent sur 2 700 témoignages recueillis auprès de villageois musulmans. L’armée a seulement confirmé avoir tiré sur une foule de Rohingyas qui les attaquaient, affirmant avoir agi en état de légitime défense.

Les Rohingyas représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire.