Accident de car à Millas : quatre enfants décédés, le point sur les faits

L’accident, qui a eu lieu à un passage à niveau près de Perpignan jeudi a coûté la vie à quatre enfants et fait 20 blessés, dont dix sont toujours en situation d’urgence absolue. Toutes les victimes ont pu être identifiées.

Ce jeudi à 16h03, un train régional a percuté un bus de transport scolaire sur un passage à niveau à Millas, une commune de 4000 habitants des Pyrénées-Orientales. Le bilan s’élevait ce vendredi midi à quatre morts et 20 blessés, dont huit en urgence absolue et dix en urgence relative.

Les faits

Le bus, qui transportait une vingtaine d’enfants du collège de Millas et sa conductrice, a été percuté par l’arrière par un TER circulant entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent. Le drame s’est produit très exactement sur un passage à niveau au lieu-dit Los Palaus, situé sur la commune de Millas, à 20 kilomètres de Perpignan. Les images montrent que le bus a été littéralement coupé en deux et la carrosserie a été déchiquetée. Le préfet des Pyrénées-Orientales a déploré un “choc violent”.

L’accident est survenu sur passage à niveau classique, automatique, lumineux, à deux barrières. Plusieurs témoins ont confirmé que les barrières avaient fonctionné correctement et selon nos informations, le train circulait à 80km/h, une vitesse jugée normale sur cette zone. Il y avait 25 passagers à bord du TER, personnel inclus. La SNCF précise que le train était un Z7300, un matériel “pas du tout réputé pour avoir des problèmes de contact électrique avec les voies”.

La barrière du passage à niveau dans le sens où circulait le bus est brisée, sans que l’on sache si c’est le bus scolaire qui l’a forcée ou si elle a été détruite lors de la collision, indique vendredi matin la SNCF à franceinfo. La seconde barrière en sens inverse d’où venait le bus est effectivement levée mais c’est le fonctionnement normal puisqu’elle se relève après le passage du train. Selon la SNCF, on ne peut rien conclure pour l’instant.

Des moyens lourds ont été engagés par les services de secours des Pyrénées-Orientales. Environ 95 sapeurs-pompiers, 10 véhicules de secours aux personnes, 1 poste médical avancé, 2 hélicoptères de la sécurité civile, et 2 hélicoptères du SAMU. Avec des renforts des départements voisins, explique le préfet. Tous les blessés ont été transférés vers les centres hospitaliers de Perpignan, Toulouse et Montpellier.

Cette collision est l’un des accidents les plus graves survenus à un transport d’enfants depuis le drame de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants). Les accidents sont récurrents sur les passages à niveau malgré de grandes améliorations sur le réseau ferré. En 2014, 121 collisions ont été enregistrées, faisant 25 morts.

La suite de l’enquête

“L’identification des victimes a été menée à bien”, précise le dernier communiqué de la préfecture des Pyrénées Orientales, alors que ce processus avait été dans un premier temps “extrêmement difficile” selon les mots du premier ministre Edouard Philipe, qui s’était rendu rapidement sur place jeudi soir. Aujourd’hui, c’est le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer qui est attendu pour “apporter son soutien aux élèves, aux familles, aux professeurs et à l’ensemble de la communauté éducative”.

Un coordinateur interministériel va être nommé, annonce aujourd’hui la ministre des Transports. L’objectif est d’aider les familles “dans la durée”, notamment pour les démarches administratives.

Une trentaine d’enquêteurs ont été dépêchés pour tenter de déterminer si une erreur technique (panne) ou une erreur humaine est en cause. Le bus et le ter ont été placées sous sellés. Des examens d’alcoolémie et toxicologique vont être réalisés sur la conductrice, toujours inconsciente. Une enquête interne est aussi en cours à la SNCF, dont le président, Guillaume Pepy, et le PDG, Patrick Jeantet, se sont rendu sur place.

Une cellule médico-psychologique a été mise en place pour les familles à Millas avec une soixantaine de psychologues mobilisés. Le collège Christian-Bourquin reste ouvert ce vendredi “pour que les élèves puissent libérer leur parole”. La mairie a mis en place un numéro d’urgence : le 04 68 57 35 03.

Une collecte de sang est en cours à l’hôpital de Perpignan. Les pompiers des Pyrénées-Orientales ont passé un appel au don du sang sur Facebook, partagé plus de 6 500 fois.