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Facebook : leader et dealer d’audience sur les réseaux sociaux

Les médias publient du contenu chaque jour sur Facebook, devenu source d’informations. Le premier réseau social au monde a ainsi gagné un véritable pouvoir sur les audiences des sites de médias.  

 

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Mark Zuckerberg a annoncé que les utilisateurs de Facebook verront désormais plus de publications de leurs amis et de leurs familles sur leur fil d’actualité. Le PDG de Facebook anticipe une baisse de 20% des informations circulant sur le réseau social. Elles ne représenteront plus qu’environ 4% du contenu total de Facebook, contre 5% actuellement.

Il a indiqué que les utilisateurs de Facebook seront consultés pour déterminer quels médias sont dignes de confiance et qu’il limitera la présence des moins crédibles.

Une politique inquiétante pour les médias

Pour les nouveaux médias qui ont choisi de n’être diffusés que sur les réseaux sociaux, la nouvelle est préoccupante. Les modèles de Brut, Monkey, AJ+ français ou encore le petit dernier de la vidéo-web, Loopsider, reposent en grande partie sur Facebook. Leur visibilité risque d’être affectée par la nouvelle politique du réseau social.

Les éditeurs des médias traditionnels s’inquiètent aussi. Une partie de l’audience web des médias pourrait être touchée. 30% du trafic sur le site du gratuit 20 Minutes est généré par Facebook, selon mind Media. Le constat est le même chez LCI, où 30 à 40% des visiteurs du réseau social, d’après Médiapart. Pour le quotidien nordiste La Voix du Nord, c’est encore pire : entre 40 et 50% du trafic du site en dépend.

  

Dans le baromètre Kantar sur la confiance des Français dans les médias, la plupart des utilisateurs d’Internet choisissent les sites et applications des titres de la presse écrite lors de recherche d’informations sur le web (à 38%). On note cependant que 23% des sondés choisissent les réseaux sociaux.

Les Français s’informent sur Facebook

Autant d’utilisateurs dont les médias peuvent capter l’audience… Surtout sur le fil d’actualité de Facebook, puisqu’il est le premier réseau social en France, avec ses 34 millions d’utilisateurs actifs par mois. Mais le revers de cette audience à disposition, c’est que ces médias deviennent en partie dépendants à cet outil 2.0 et à son algorithme.

En France, 73% des 18–24 ans interrogés déclarent accéder à l’actualité par les réseaux sociaux au moins une fois par jour, selon une étude publiée chez Open Editions. Facebook arrive en tête : 70 % des répondants y trouvent « souvent » des informations, loin devant Twitter (37 %) et YouTube (15 %).

Facebook tient les médias

Dans la guerre des médias contre Facebook, les chiffres sont du côté du groupe américain. La presse française se meurt, pas la firme américaine. Au troisième trimestre 2017, elle franchissait pour la première fois la barre des 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, à 10,3 milliards (soit 8,82 milliards d’euros).

Avec plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs, le réseau social de Mark Zuckerberg est de loin le premier réseau social dans le monde. Derrière lui, YouTube en cumule un peu plus de 1 milliard 500 millions. Et Twitter se fait largement distancer dans cette course à l’internaute. L’oiseau bleu n’a que 328 millions d’utilisateurs actifs.

La pression exercée par le réseau social sur les médias ne se limite pas à un potentiel changement de son algorithme, qui pourrait entraîner une chute des audiences. Le Wall Street Journal révélait récemment que Mark Zuckerberg avait payé à hauteur de 50 millions de dollars 140 partenaires (médias et célébrités confondus). En échange, les médias s’engagent à produire, pour Facebook, des vidéos, des « Facebook Live » ou encore des reportages à 360°. D’après Médiapart, des médias tels que TF1, RTL, Le Figaro, Le Monde ou encore Le Parisien ont signé ce type de contrat avec Facebook.

La semaine dernière, après que Mark Zuckerberg a annoncé le changement sa politique envers les médias, le président de News Corp Rupert Murdoch lui demandait un nouveau mode de rémunération. Il veut que Facebook paye des frais, comme les sociétés de câbles, arguant que « les éditeurs renforcent manifestement la valeur et l’intégrité de Facebook grâce à leurs informations et leurs contenus, mais ne sont pas récompensés à la hauteur de ces services. »

Méthodologie

Les données de Statista ont permis de constater quels étaient les réseaux sociaux les plus utilisés dans le monde.
Le baromètre Kantar et l’étude réalisée sur Facebook et Twitter par Arnaud Mercier ont permis de se donner une idée de l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux dans le contexte de la recherche d’informations.

Limites de la méthodologie

Il aurait été intéressant de connaître la part du traffic sur les sites internet des médias provenant de Facebook. Aucune donnée n’est accessible sur ce sujet, l’information dépendant de la bonne volonté des médias — peu enclins à la partager.

 

données : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1IiCscXyoXRByFtwQYSRRWLu5R99szYqDWbokqjqACKs/edit?usp=sharing

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