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Federer, le champion qui esquive ses kryptonites

Malgré un passage à vide au cours des années 2010, Roger Federer prouve qu’il reste un joueur de légende en remportant sa vingtième victoire en Grand Chelem. Un exploit permis par les choix stratégiques du Suisse, qui évite la multiplication des compétitions et la terre battue.

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Vingt ans de carrière, vingt titres du Grand Chelem : avec sa victoire en cinq sets contre le Croate Marin Čilić en cinq sets à l’Open d’Australie, Roger Federer en profite pour battre un nouveau record.

Le Suisse confirme aussi son retour parmi les grands du sport. Dans le classement de l’ATP, il talonne désormais Rafael Nadal avec 9605 points. Son rival espagnol reste légèrement devant avec 9760 points.

Certes, Federer ne récupère pas la première place, à laquelle l a pourtant été habitué (après tout, il possède aussi le record du joueur resté le plus longtemps au sommet du classement de l’ATP). Mais il confirme la fin d’une mauvaise période, où il ne brillait plus sur les cours.

  • Le début d’un deuxième âge d’or pour Federer ?

2003, 2006 et 2007 : ces trois années là, Roger Federer remporte trois des quatre coupes du Grand Chelem. Seule la victoire au tournoi de Roland-Garros lui échappe. Sur la terre battue française, il fait régulièrement face à Rafael Nadal : il s’incline quasi-systématiquement devant l’Espagnol, plus à l’aise sur ce type de sol.

En 2009, Nadal échoue dès les huitièmes de finale : quelques jours plus tard, Federer gagne la coupe. Le Suisse s’impose comme l’un des géants de l’histoire du tennis, en remportant toutes les coupes du Grand Chelem.

Au début des années 2010, Roger Federer dégringole. Les prix se font de plus en plus rares. En 2013, il ne gagne aucune coupe. Il chute de la deuxième à la sixième place dans le classement de l’ATP.

En 2016, blessé au genou, il renonce aux Jeux Olympiques de Rio. Il sort du top 10 de l’ATP. C’est sa plus mauvaise année, après plusieurs déjà difficiles.

Pourtant, il revient en force : deuxième place du classement de l’ATP à la fin de l’année 2017, deux coupes du Grand Chelem, trois en Masters 1000. A la fin du mois de janvier 2018, il dispute sa trentième finale de Grand Chelem, emporte son vingtième titre, renforce sa légende.

Ce retour en gloire est le fruit des choix stratégiques de Federer : moins de compétitions, pas de terre battue.

  • Moins de compétitions, plus de titres

Les blessures ont pénalisé durant plusieurs années le champion suisse. Son âge commence aussi à peser : à 36 ans, Roger Federer est l’un des joueurs les plus âgés encore actifs.

Le record du vainqueur le plus âgé en Grand Chelem est toujours détenu par Ken Rosewall. Lors de sa dernière victoire à Melbourne, il n’était pas beaucoup plus âgé que Federer aujourd’hui : 37 ans et 62 jours.

Désormais, il se concentre sur un nombre plus limité de grands tournois. Une manière de contourner les risques de blessure et d’épuisement. Et, jusqu’à présent, une stratégie payante : s’il remonte dans le classement, c’est qu’il joue moins qu’avant, mais mieux.

En 2017, économe, il ne participe qu’à sept compétitions majeures : mis à part en 2016, où il s’est retiré de la compétition à cause de blessures, il n’a jamais été aussi peu présent. Le pari marche : il remporte trois prix en Masters 1000, et deux en Grand Chelem. Il n’avait pas emporté cinq de ces titres la même année depuis 2007.

  • La malédiction de la terre battue

Une seule victoire à Roland-Garros, quelques victoires à Madrid, des finales perdues face à Nadal : sans être particulièrement mauvais, Federer ne brille pas suffisamment sur la terre battue.

Sur ses 46 principales victoires (Grand Chelem et Masters 1000), seulement sept titres ont été obtenus sur terre battue.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé : Roger Federer est arrivé cinq fois en finale de Roland-Garros. Quatre fois, il s’est fait battre par Rafael Nadal.

Une faiblesse que Federer prise en compte dans le choix des quelques compétitions auxquelles il participe désormais. Il n’a tenté aucune des grands titres sur terre battue en 2017 : une manière d’éviter son point faible.

 

Remerciements à Kenan Augeard, Jeanne Daucé, Sophie Hémar et Maxime Ducher.

Données issues de l’ATP.

 

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