Famille, Logement

Les trentenaires européens de retour chez leurs parents

Les trentenaires européens sont de plus en plus nombreux à retourner chez leurs parents. Un profil se dégage : des titulaires de contrats temporaires, majoritairement des hommes, vivant dans le sud et l'est de l'Europe.

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La France n’est pas seule. Ses trentenaires sont de plus en plus nombreux à vivre chez leurs parents depuis l’an 2000, selon un rapport de l’Insee publié mercredi. Mais l’Hexagone n’a rien d’un cas isolé en Europe. Entre 2010 et 2016, la part des jeunes du Vieux continent entre 25 et 34 ans qui vivent chez leurs parents s’est progressivement hissée de 30% à 37,7%.

Cette même tendance existe chez plusieurs voisins européens et dans des proportions très importantes parfois. Les principaux pays méditerranéens — Espagne, Italie et Grèce — et plusieurs nations d’Europe de l’Est dépassent les 40% de 25–34 ans vivant chez leurs parents, selon Eurostat, quand la France s’arrête à 13,4%. Les Etats scandinaves ne suivent pas le mouvement et ne franchissent pas la barre des 10%.

LE BOOM DES CONTRATS TEMPORAIRES

Des caractéristiques communes à plusieurs pays se dessinent. Dans le cas de la France, l’Insee désignait les emplois à durée limitée comme le gagne-pain de la majorité de 25–29 ans vivant chez leurs parents. Il en va de même chez la plupart des nations dont les trentenaires vivent le plus chez leurs parents : ces jeunes adultes sont de plus en plus souvent titulaires de contrats temporaires.

En onze ans, le pourcentage de ces contrats parmi les 25–34 ans a bondi de 16,6 points en Espagne. Les réformes entreprises par le gouvernement espagnol entre 2010 et 2012 pour rendre le marché du travail plus flexible et dynamique n’y sont pas étrangères. Les modalités de licenciements ont été rendues plus souples. En difficulté dans leur recherche d’un emploi stable, beaucoup de jeunes européens n’ont donc d’autres choix que de retourner vivre chez leurs parents. La France se distingue dans cette catégorie avec un bond de 17,9%. Seuls les pays baltes et l’Estonie ne suivent pas cette tendance : la part des contrats temporaires parmi ces jeunes adultes chez eux a diminué.

Un rapport d’Eurofound en mars 2014 avait déjà mis en lumière l’augmentation du nombre de trentenaires européens vivant encore chez leurs parents. Une des causes de ce phénomène selon l’agence : l’impossibilité d’acquérir une véritable indépendance financière pour les jeunes adultes depuis la crise de 2008 et l’explosion du chômage qui a suivi. La crise de la dette souveraine touchant les pays du sud n’a ensuite rien arrangé. L’Espagne, l’Italie et la Grèce sont donc parmi les plus touchés par cette nouvelle vague de retour au nid parental.

PLUS D’HOMMES QUE DE FEMMES

Le besoin d’économiser le paiement d’un loyer a aussi contraint de nombreux jeunes à retourner au bercail. En 2016, le coût du logement s’élevait en moyenne dans l’Union Européenne à 22% des revenus disponibles des ménages. La Grèce arrive loin en tête avec plus de 40%. Conséquence : plus d’un jeune européen sur dix entre 25 et 29 ans voient le coût de leur logement excéder 40% de ses revenus. Pour eux, la cohabitation avec leurs parents peut vite devenir bien plus qu’une solution de secours.

Les hommes sont enfin plus enclins que les femmes à retourner chez leurs parents, si l’on en croit toujours les chiffres d’Eurostat. L’Italie et la Grèce se détachent — de nouveau — dans cette catégorie avec respectivement 57,2 et 63,4% des hommes de 25–34 ans en cohabitation avec leurs parents contre seulement 40,3 et 46% pour les femmes.

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