Le froid, meilleur ami de la pollution

Après les pics de pollution qui ont frappé la France la semaine dernière, la vague de froid polaire qui atteint le territoire aujourd'hui risque de faire suffoquer les Français quelques jours encore. On vous explique pourquoi.

Vous reprendrez bien un peu de pollution avec votre froid polaire ? Chaque hiver, de la vallée de l’Arve à la région parisienne, les épisodes de froid intense vont de pair avec des pics de pollution. Voici pourquoi.

Le froid retient les polluants

Le froid est en partie responsable de ces épisodes de pollution intense car il piège les émissions de gaz polluants et empêche leur évacuation. L’air froid est plus dense que l’air chaud qui se trouve donc plutôt en altitude. Les masses plus fraîches se trouvent plaquées au sol et ne participent pas à un brassage et un renouvellement des masses d’air polluées. Tant qu’il fera froid, la pollution risque donc de s’accumuler.

Le vent glacial apporte la pollution avec lui

Les derniers épisodes en date sur la région parisienne ont eu lieu les 21 et 22 février. La concentration en particules fines PM 2.5 (d’une taille inférieure à 2,5 microns) a dépassé le seuil d’information. Ce pic de pollution était en grande partie constituée par une pollution créée dans le Nord‐Est de l’Europe. « Les conditions météorologiques (vent de Nord‐Est et températures froides) ont favorisé des concentrations élevées sur l’ensemble de l’Ile-de-France », détaille AirParif, une association indépendante de surveillance de la qualité de l’air.

La situation ne va pas s’améliorer durant la semaine à venir. « La France métropolitaine se trouve sous l’influence d’un régime de Nord‐Est anticyclonique et froid installé depuis deux jours qui a occasionné dans un premier temps des concentrations en particules élevées », explique‐t‐on chez Prév’Air, une autre plateforme de prévision de la qualité de l’air. Cet anti‐cyclone est responsable du ciel pur dont bénéficie l’immense majorité du territoire, mais également de la vague de froid qui n’épargne personne. Et ce courant glacial, qui nous vient de Sibérie, draine avec lui les particules polluantes qu’il rencontre sur sa route. Comme pour les pics de la semaine dernière, la situation en France sera donc grandement influencée par la pollution émise par nos voisins du Nord‐Est.

Mesures de la qualité de l’air par l’agence européenne pour l’environnement, le 20 février 2018 à 9h.

Les effets du chauffage au bois

À cette pollution importée va s’ajouter une production locale. La chute brutale des températures devrait entraîner les Parisiens à pousser leur chauffage, malgré les restrictions.

La préfecture de police a annoncé une série de mesures temporaires, parmi lesquelles des restrictions de chauffage. Le préfet a notamment « interdit l’utilisation du chauffage individuel au bois d’appoint et d’agrément et [pris] des mesures de restriction de la circulation ». Le chauffage au bois est en effet un important émetteur de particules fines PM 2.5 et 10.

 

Communiqué de presse de la préfecture de police de Paris publiée le 21 février 2018