Législatives partielles en Guyane : nouveau test pour La République en marche

En vue des élections législatives partielles en Guyane, les 4 et 11 mars, Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon sont partis soutenir leurs candidats respectifs.

Chassé‐croisé politique en Guyane. Christophe Castaner et Jean‐Luc Mélenchon, potentiels rivaux aux municipales de Marseille, sont partis soutenir leurs candidats aux législatives partielles de dimanche prochain. Un enjeu de taille pour le parti présidentiel, challengé par le mouvement des Insoumis en outre‐mer.

Durant trois jours, le secrétaire général de la République en marche a déambulé avec Lenaïck Adam, député bushinengué de 26 ans, diplômé de Sciences Po, élu en juin dernier dans la deuxième circonscription de Guyane. Début décembre, le Conseil constitutionnel avait annulé son élection en raison de l’absence d’assesseurs dans deux bureaux de vote et du faible écart par rapport au score de son rival (57 voix).

Davy Rimane, candidat de 38 ans sans étiquette, syndicaliste EDF en Guyane, se représente devant les électeur. Il bénéficie du soutien appuyé du leader de La France insoumise, Jean‐Luc Mélenchon, qui arrive sur l’île ce lundi. Il y restera une semaine, aux côtés de la députée Danièle Obono, déjà sur place depuis jeudi.

Cette élection en Guyane a valeur de test pour le mouvement d’Emmanuel Macron, après des scores médiocres obtenus par les candidats de LREM lors des deux élections partielles dans le Val-d’Oise et le Territoire de Belfort. Des scrutins qui avaient pourtant mobilisé des déplacements du Premier ministre, Edouard Philippe, du secrétaire général Christophe Castaner et de plusieurs députés de La République en marche.

La Guyane, où s’est déroulé un mouvement social d’ampleur il y a près d’un an, constitue aussi un enjeu de taille alors que le gouvernement se trouve sévèrement critiqué sur son aile gauche pour sa politique migratoire sécuritaire et ses réformes du marché du travail. En octobre, Emmanuel Macron a été contraint d’y effectuer une visite pour apaiser la fronde sociale aux côtés du président de la Commission européenne, Jean‐Claude Juncker.

Le territoire d’outre-mer est enfin une terre de conquête électorale pour La France insoumise, qui depuis un an se proclame principal mouvement d’opposition au Président de la République. Comme en Martinique et à La Réunion, Jean‐Luc Mélenchon y est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle (24,72 %), devant Marine Le Pen.

Pour les deux rivaux de dimanche prochain, l’enjeu est de mobiliser les Guyanais pour éviter une abstention massive. Lors du premier tour des législatives, seul un quart des électeurs inscrits sur les listes s’étaient rendus aux urnes. Cinq autres candidats se sont déclarés : David Riché, maire de Roura et président de l’association des maires de Guyane, Jean Philippe Doror, ex‐directeur de campagne de Lenaïck Adam ; José Makébé, chef d’entreprise ; Jérôme Harbourg pour le Front national ; et Georges Mignot, pour l’Union populaire républicaine (UPR), soutenu par François Asselineau qui se rend aussi en Guyane.

Le résultat de ce scrutin est attendu alors que cinq autre législative partielle se prépare dans les prochaines semaines et risquent de secouer le pouvoir, notamment dans deux autres départements et collectivités d’outre-mer, Mayotte et Wallis‐et‐Futuna.