Vélos GobeeBike vandalisés : les scooters en libre‐service épargnés ?

Les scooters en libre-service à Paris ne connaissent pratiquement pas de dégradations ni de vol, contrairement aux vélos, Lassée, l'entreprise GobeeBike s'est retirée du marché français le 24 février dernier.

« Ils sont toujours nickels ! » Louis B., étudiant de 23 ans, est un utilisateur satisfait des scooters en libre‐service dans la capitale. Il arpente régulièrement Paris en deux‐roues grâce aux deux applications disponibles, l’entreprise française Cityscoot et l’allemand COUP. Et selon lui, la propreté des scooters est « irréprochable ».

Cityscoot, qui propose des scooters électriques en libre‐service dans la capitale depuis 2016, l’admet volontiers :  l’entreprise ne connaît qu’un nombre « extrêmement faible » de vols et de dégradations, selon Vincent Bustarret, son responsable marketing. Tellement faible que l’entreprise ne tient pas de fichier statistique sur le sujet.

« Une différence majeure entre les vélos et les scooters »

Les vélos en libre‐service n’ont pas la même chance. GobeeBike, entreprise hongkongaise de vélos en libre‐service, a dû se retirer du marché français samedi. La raison : plus de 3200 vélos GobeeBike dégradés, plus d’un millier volés ou privatisés, et 280 dépôts de plainte enregistrés auprès de la police.

« Il existe une différence majeure entre les vélos et les scooters », explique Vincent Bustarret, de Cityscoot. « Quand un vandale trouve le moyen de briser le loquet d’un vélo, il peut rouler avec ensuite. Ce n’est pas le cas pour les scooters. » Les deux‐roues de CityScoot ne peuvent en effet pas démarrer sans avoir été réservés via l’application.

Impossible, donc, de se déplacer gratuitement avec. Ou de s’en débarrasser dans la Seine, comme cela avait été le cas pour plus de 100 Vélibs et GobeeBike. « Ils ne peuvent même pas être utilisés comme une trottinette », détaille Vincent Bustarret.

Certains pourraient tout de même décider de voler le scooter, le désosser puis vendre les pièces détachées sur un marché parallèle. « Mais notre modèle n’est pas un scooter très répandu. Et le démonter requiert des compétences très complexes », explique Vincent Bustarret.

Aucun vol n’a été constaté pour ces scooters en libre‐service, et moins de cinq tentatives ont été dénombrées. « Elles ont toutes eu lieu parce que l’utilisateur n’avait pas bien verrouillé le scooter en partant. », détaille Vincent Bustarret. Les 1600 scooters Cityscoot présents à Paris sont tous géolocalisés. Cela permet aux équipes de maintenance d’intervenir pour immobiliser le deux‐roues à distance. Des capteurs situés sur les scooters COUP et Cityscoot permettent de savoir si le scooter est mobile alors qu’il n’est pas réservé.

L’allemand COUP, principal concurrent de Cityscoot à Paris. Crédits : Flickr.

GobeeBike n’avait pas pris la mesure de ce problème en amont, selon un ancien employé de l’entreprise : « Ils n’avaient pas investi sur la technologie adéquate et n’avaient pas assez analysé les risques ». Ce n’est pas la seule entreprise de vélos en libre‐service affectée : oBike, un de ses principaux concurrents à Paris, connaît un taux de vandalisme de 30 à 40% sur sa flotte. Leurs vélos sont accessibles 24h/24h, contrairement aux scooters, indisponibles de minuit à sept heures du matin — ce qui permet d’éviter, au minimum, les dégradations commises en état d’ébriété.

Un vélo oBike en libre‐service, rue de Montreuil dans le 11e arrondissement de Paris.

Seule faille possible pour les scooters en libre‐service : la possibilité de « hacker » le système informatique qui permet de débloquer les deux‐roues. Un prochain défi à prendre en compte pour ces start‐ups.